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Ce que les neurosciences, la psychologie et les artistes nous apprennent
Il existe des moments oĂč l’on finit par douter de soi.
- Parfois aprÚs un échec.
- Parfois aprĂšs une remarque qui reste dans un coin de la tĂȘte.
- Ou simplement parce que l’on a l’impression que les autres avancent plus vite que nous.
Alors, peu Ă peu, une petite voix apparaĂźt :
- « Je ne suis pas assez doué. »
- « Je n’y arriverai jamais. »
- « Les autres font mieux que moi. »
Ă l’adolescence, ces pensĂ©es peuvent prendre beaucoup de place.
Elles touchent particuliĂšrement les jeunes sensibles, crĂ©atifs, perfectionnistes ou atypiques. Lorsqu’on ressent les choses intensĂ©ment, le doute peut parfois sembler plus fort que les rĂ©ussites.
Pourtant, la confiance en soi n’est pas un don rĂ©servĂ© Ă quelques privilĂ©giĂ©s.
Les chercheurs savent aujourd’hui qu’elle se construit progressivement grĂące aux expĂ©riences que nous vivons.
Et parmi toutes les activités possibles, la création artistique possÚde une particularité étonnante.
Lorsque vous dessinez, peignez, photographiez, modelez ou créez quelque chose de vos mains, votre cerveau reçoit des informations trÚs précieuses :
đ « J’ai essayĂ©. »
đ « J’ai progressĂ©. »
đ « J’ai rĂ©ussi quelque chose que je ne savais pas faire avant. »
Petit à petit, ces expériences deviennent des preuves concrÚtes de vos capacités.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles de nombreuses personnes retrouvent davantage d’assurance lorsqu’elles pratiquent une activitĂ© artistique rĂ©guliĂšrement.
Mais pourquoi cela fonctionne-t-il ?
Que se passe-t-il réellement dans notre cerveau lorsque nous créons ?
Et que peuvent nous apprendre des artistes comme Van Gogh, Frida Kahlo ou Giacometti sur le doute, la persévérance et la confiance ?
C’est ce que nous allons dĂ©couvrir ensemble.
đ Sommaire
- đ§ïž Quand la confiance disparaĂźt sans prĂ©venir
- đ§ Ce que la science sait aujourd’hui sur la confiance en soi
- đš Pourquoi crĂ©er est diffĂ©rent des autres activitĂ©s
-
- đ± PremiĂšre dĂ©couverte : voir ses progrĂšs change le regard que l’on porte sur soi
- đŹDeuxiĂšme dĂ©couverte : le cerveau aime les petites rĂ©ussites
- đ TroisiĂšme dĂ©couverte : exprimer ce que l’on ressent aide Ă avancer
- đ¶ QuatriĂšme dĂ©couverte : crĂ©er dĂ©veloppe le sentiment de compĂ©tence
1. đ§ïž Quand la confiance disparaĂźt sans prĂ©venir
La confiance en soi ne disparaßt pas toujours aprÚs un grand échec.
Bien souvent, elle s’effrite en silence.
- Une remarque qui semble anodine.
- Un dessin comparĂ© Ă celui d’un autre.
- Une mauvaise note.
- Un projet qui ne ressemble pas Ă ce que l’on imaginait.
- Puis une deuxiĂšme remarque.
- Une autre comparaison.
- Un nouveau doute.
Petit Ă petit, quelque chose change.
- On hésite davantage.
- On ose moins montrer son travail.
- On recommence plusieurs fois avant de se lancer.
- Parfois mĂȘme, on abandonne avant d’avoir essayĂ©.
Ă l’adolescence, cette situation est particuliĂšrement frĂ©quente.
C’est une pĂ©riode oĂč l’on construit son identitĂ©, oĂč le regard des autres prend beaucoup de place et oĂč chaque rĂ©ussite ou difficultĂ© peut sembler plus importante qu’elle ne l’est rĂ©ellement.
Les adolescents sensibles, créatifs ou atypiques vivent souvent cela encore plus intensément.
- Ils remarquent davantage les détails.
- Ils ressentent plus fortement certaines émotions.
- Ils ont parfois tendance à se comparer aux autres ou à vouloir atteindre un résultat parfait dÚs le premier essai.
Le problĂšme est que la confiance fonctionne rarement de cette maniĂšre.
Contrairement Ă ce que l’on imagine souvent, la confiance n’arrive gĂ©nĂ©ralement pas avant l’action.
Elle apparaĂźt aprĂšs.
- Un musicien ne prend pas confiance avant de jouer.
- Un sportif ne prend pas confiance avant de s’entraĂźner.
- Un dessinateur ne prend pas confiance avant de dessiner.
La confiance se construit progressivement grùce aux expériences vécues.
Chaque petite réussite, chaque difficulté surmontée, chaque progrÚs observé devient une preuve que notre cerveau enregistre.
Et c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ que la crĂ©ation artistique possĂšde une force particuliĂšre.
Car lorsqu’une personne crĂ©e rĂ©guliĂšrement, elle accumule des centaines de petites expĂ©riences qui lui montrent qu’elle est capable d’apprendre, d’essayer, de corriger et d’avancer.
Autrement dit, elle construit peu Ă peu des raisons concrĂštes de croire davantage en elle-mĂȘme.
Avant de comprendre pourquoi cela fonctionne si bien, regardons ce que la science sait aujourd’hui sur la confiance en soi.
2. đ§ Ce que la science sait aujourd’hui sur la confiance en soi
Pendant longtemps, on a cru que certaines personnes naissaient avec de la confiance en elles et que d’autres en manquaient naturellement.
Pourtant, les recherches en psychologie montrent une réalité bien différente.
- La confiance en soi n’est pas un talent.
- Ce n’est pas un trait de caractĂšre rĂ©servĂ© Ă quelques privilĂ©giĂ©s.
C’est une construction progressive.
Autrement dit, notre cerveau dĂ©veloppe davantage de confiance lorsqu’il accumule des expĂ©riences qui lui montrent qu’il est capable d’agir, d’apprendre et de surmonter certaines difficultĂ©s.
Imaginez un enfant qui apprend à faire du vélo.
âĄïž Au dĂ©but, il hĂ©site.
âĄïž Il a peur de tomber.
âĄïž Il ne se sent pas encore capable.
âĄïž Puis viennent les premiers mĂštres.
âĄïž Une petite rĂ©ussite.
âĄïž Puis une autre.
âĄïž Et encore une autre.
Peu à peu, son cerveau enregistre ces expériences.
Il ne se dit pas :
« Je suis devenu une personne confiante. »
Il comprend simplement :
« J’y arrive. »
La confiance apparaßt alors comme une conséquence de ces expériences répétées.
đ Le sentiment d’efficacitĂ© personnelle
C’est ce que le psychologue Albert Bandura a appelĂ© le sentiment d’efficacitĂ© personnelle.
Selon ses travaux, l’un des Ă©lĂ©ments les plus importants pour dĂ©velopper la confiance est de vivre des expĂ©riences de rĂ©ussite progressives.
Pas des réussites extraordinaires, pas des exploits.
- Des progrÚs réels et observables.
- Quelques lignes mieux dessinées.
- Une perspective un peu plus juste.
- Une couleur mieux maßtrisée.
- Un projet terminĂ© alors qu’on pensait abandonner.
à chaque fois, le cerveau reçoit un message précieux :
đ « Je suis capable d’apprendre. »
đ « Je peux progresser. »
đ « Je peux surmonter certaines difficultĂ©s. »
Petit à petit, ces expériences deviennent des preuves.
Et ce sont ces preuves qui nourrissent la confiance.
C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que certaines activitĂ©s ont un effet particuliĂšrement puissant sur l’estime de soi.
Parmi elles, la création artistique occupe une place à part.
Car lorsqu’une personne dessine, peint, photographie ou crĂ©e rĂ©guliĂšrement, elle produit quelque chose de trĂšs prĂ©cieux :
des traces visibles de ses progrĂšs.
Et notre cerveau adore voir concrĂštement ce qu’il est capable de construire.
Voyons maintenant pourquoi la création artistique possÚde cette force particuliÚre.
3. đš Pourquoi crĂ©er est diffĂ©rent des autres activitĂ©s
Toutes les activitĂ©s qui nous permettent d’apprendre quelque chose peuvent contribuer Ă renforcer notre confiance en nous.
- Le sport développe la persévérance.
- La musique dĂ©veloppe l’Ă©coute et la patience.
- Les jeux vidéo peuvent développer la stratégie, la réflexion ou la capacité à relever des défis.
Alors pourquoi la création artistique occupe-t-elle une place si particuliÚre ?
Parce qu’elle laisse des traces.
đ Les dessins gardent la mĂ©moire des progrĂšs
Lorsque vous dessinez, peignez, photographiez ou créez quelque chose, vous produisez un résultat visible.
- Vous pouvez conserver vos essais.
- Revenir en arriĂšre.
- Comparez
- Observer votre évolution.
Un dessin rĂ©alisĂ© aujourd’hui pourra encore ĂȘtre regardĂ© dans un mois, dans un an ou mĂȘme dans dix ans.
Et c’est lĂ que quelque chose de trĂšs intĂ©ressant se produit.
Lorsque vous ouvrez un ancien carnet et que vous comparez vos premiers dessins Ă ceux d’aujourd’hui, vous voyez concrĂštement le chemin parcouru.
Vous n’avez plus besoin de vous demander si vous avez progressĂ©.
La preuve est sous vos yeux.
Cette expérience est particuliÚrement précieuse pour les adolescents sensibles ou perfectionnistes.
Car lorsqu’on doute souvent de soi, il est facile d’oublier ses rĂ©ussites.
Les dessins, eux, s’en souviennent.
Ils deviennent des tĂ©moins silencieux de tout ce que l’on a appris.
Chaque :
- croquis,
- essai,
- erreur corrigée
- projet terminé.
Petit Ă petit, ces traces racontent une histoire.
Non pas celle d’un dessin parfait.
Mais celle d’une personne qui avance.
Et c’est souvent ainsi que la confiance commence Ă se reconstruire.
Pas grĂące Ă un exploit extraordinaire.
Mais grĂące Ă l’accumulation de nombreuses petites preuves que nous sommes capables d’apprendre, de progresser et de persĂ©vĂ©rer.
Voyons maintenant pourquoi ces petites réussites ont un effet si puissant sur notre cerveau.
đ± PremiĂšre dĂ©couverte : voir ses progrĂšs change le regard que l’on porte sur soi
Â
Il existe une différence importante entre progresser et prendre conscience de ses progrÚs.
Beaucoup de personnes apprennent, Ă©voluent et dĂ©veloppent de nouvelles compĂ©tences sans vraiment s’en rendre compte.
Elles avancent.
Mais elles continuent Ă se voir comme avant.
C’est particuliĂšrement frĂ©quent chez les adolescents sensibles ou perfectionnistes.
Lorsqu’ils regardent leurs dessins, ils remarquent souvent en premier ce qui ne fonctionne pas encore.
- Une main difficile Ă dessiner.
- Une perspective maladroite.
- Une couleur qui ne correspond pas Ă ce qu’ils imaginaient.
Le problĂšme est que notre cerveau a parfois tendance Ă accorder davantage d’attention aux erreurs qu’aux progrĂšs rĂ©alisĂ©s.
Résultat :
on oublie tout ce qui a été appris.
Pourtant, lorsque l’on conserve ses dessins, quelque chose d’intĂ©ressant se produit.
Un jour, on ouvre un ancien carnet.
On retrouve un dessin réalisé quelques mois plus tÎt.
Puis on le compare à un dessin récent.
Et soudain, le regard change.
- Les proportions sont plus justes.
- Peu Ă peu, les formes sont mieux construites.
- Les ombres gagnent en cohérences.
- Enfin, les détails sont plus précis.
Ce qui semblait invisible au quotidien devient évident.
Le progrĂšs apparaĂźt.
Et avec lui, une nouvelle pensée :
« Finalement, j’ai avancĂ©. »
Cette prise de conscience est souvent plus importante qu’on ne l’imagine.
Car elle ne transforme pas seulement le regard porté sur le dessin.
Elle transforme aussi le regard portĂ© sur soi-mĂȘme.
Petit Ă petit, l’adolescent ne voit plus uniquement ce qu’il ne sait pas encore faire.
Il commence Ă voir tout ce qu’il a dĂ©jĂ appris.
Cette différence paraßt minuscule.
Pourtant, elle peut changer beaucoup de choses.
Car lorsqu’une personne rĂ©alise qu’elle progresse, elle comprend Ă©galement qu’elle est capable d’apprendre.
Et cette idĂ©e est l’un des fondements les plus solides de la confiance en soi.
Chaque ancien dessin devient alors bien plus qu’un simple exercice.
Il devient une preuve :
đ que les efforts produisent des rĂ©sultats ;
đ que les difficultĂ©s peuvent ĂȘtre surmontĂ©es ;
đ que l’on est capable d’avancer, mĂȘme lorsque l’on doute.
Et parfois, il suffit d’ouvrir un vieux carnet pour s’en souvenir.
đŹ DeuxiĂšme dĂ©couverte : le cerveau aime les petites rĂ©ussites
Lorsqu’on parle de confiance en soi, on imagine parfois qu’elle naĂźt aprĂšs une grande victoire.
- Un concours remporté.
- Une excellente note.
- Un dessin exceptionnel.
Pourtant, notre cerveau fonctionne souvent autrement.
Il accorde beaucoup d’importance aux petites rĂ©ussites du quotidien.
Chaque fois que nous apprenons quelque chose, terminons une tùche ou surmontons une difficulté, notre cerveau reçoit une information importante :
« J’ai rĂ©ussi. »
- MĂȘme si cette rĂ©ussite paraĂźt modeste.
- MĂȘme si personne d’autre ne la remarque.
Pour le cerveau, ces petites victoires comptent.
đ§ Le cerveau adore les preuves de rĂ©ussite
Les neurosciences montrent que les expĂ©riences de rĂ©ussite activent ce que l’on appelle le circuit de la rĂ©compense.Ce circuit implique notamment la dopamine, un neurotransmetteur associĂ© Ă la motivation et Ă l’apprentissage.
Ce systĂšme joue un rĂŽle essentiel dans la motivation, l’apprentissage et l’envie de continuer Ă agir.
Autrement dit, lorsque nous réussissons quelque chose, notre cerveau enregistre cette expérience comme une information utile :
đ « Cet effort a servi Ă quelque chose. »
đ « Je peux recommencer. »
đ « Je suis capable d’avancer. »
Le dessin offre de nombreuses occasions de vivre ce type d’expĂ©rience.
Par exemple :
âïž rĂ©ussir enfin une perspective qui semblait impossible ;
âïž mieux dessiner une main qu’il y a quelques semaines ;
âïž terminer un projet commencĂ© depuis longtemps ;
âïž comprendre une notion qui paraissait compliquĂ©e.
Aucune de ces réussites ne paraßt spectaculaire.
Pourtant, mises bout à bout, elles construisent quelque chose de trÚs précieux.
- Elles nourrissent la motivation.
- Elles renforcent le sentiment de compétence.
- Et elles donnent envie de poursuivre l’effort.
C’est un peu comme lorsque l’on grimpe une montagne.
Si l’on regarde uniquement le sommet, le chemin semble interminable.
Mais si l’on observe chaque Ă©tape franchie, chaque virage dĂ©passĂ© et chaque portion parcourue, l’ascension devient plus accessible.
La confiance en soi fonctionne souvent de la mĂȘme maniĂšre.
Elle ne se construit pas en un seul jour.
Elle grandit grĂące Ă l’accumulation de nombreuses petites rĂ©ussites que notre cerveau apprend progressivement Ă reconnaĂźtre.
C’est aussi pour cette raison qu’il est important de cĂ©lĂ©brer ses progrĂšs, mĂȘme lorsqu’ils paraissent modestes.
Car ce qui semble insignifiant aujourd’hui devient souvent la base des rĂ©ussites de demain.
Et plus notre cerveau accumule ces preuves positives, plus il devient facile de croire en notre capacité à apprendre, à progresser et à relever de nouveaux défis.
đ TroisiĂšme dĂ©couverte : exprimer ce que l’on ressent aide Ă avancer
đš Quand les mots ne suffisent plus
Il existe une autre raison pour laquelle la création artistique peut renforcer la confiance en soi.
Elle permet d’exprimer ce que l’on n’arrive pas Ă dire avec des mots.
Ă l’adolescence, les Ă©motions sont souvent intenses.
- La joie.
- La colĂšre.
- La tristesse.
- La peur.
- L’enthousiasme.
- Le doute.
Certaines journĂ©es semblent remplies de sentiments contradictoires qu’il est difficile de comprendre ou d’expliquer.
Et lorsqu’on ne trouve pas comment exprimer ce que l’on ressent, ces Ă©motions peuvent finir par prendre beaucoup de place.
Parfois,
- elles se transforment en stress,
- en découragement,
- en une impression de ne pas ĂȘtre compris.
La création artistique offre alors un espace différent.
đ Une feuille de papier ne juge pas.
đ Un carnet n’interrompt pas.
đ Un dessin ne demande pas d’expliquer immĂ©diatement ce que l’on ressent.
On peut simplement commencer à créer.
- Une couleur.
- Une forme.
- Une ambiance.
- Un personnage.
- Un paysage.
Petit à petit, quelque chose se dépose sur la feuille.
Et souvent, ce processus aide Ă mettre un peu d’ordre dans ce qui semblait confus Ă l’intĂ©rieur.
đ Donner une forme aux Ă©motions
Les chercheurs ont observĂ© que les activitĂ©s artistiques favorisent l’expression Ă©motionnelle et peuvent contribuer Ă rĂ©duire certaines tensions Ă©motionnelles.
Non pas parce qu’elles effacent les difficultĂ©s.
Mais parce qu’elles permettent de leur donner une forme.
Et lorsqu’une Ă©motion devient visible, elle paraĂźt souvent moins envahissante.
C’est notamment ce que l’on retrouve dans le parcours de nombreux artistes.
đș Ce que Frida Kahlo nous montre
Frida Kahlo, par exemple, a transformé ses douleurs physiques, ses épreuves et ses questionnements en images puissantes.
Ses tableaux ne faisaient pas disparaßtre ses difficultés.
Mais ils lui permettaient de les regarder autrement.
Dans une moindre mesure, chacun peut vivre quelque chose de similaire.
- Un adolescent qui dessine aprÚs une journée difficile.
- Une personne qui remplit un carnet lorsqu’elle doute.
- Quelqu’un qui utilise la couleur pour reprĂ©senter son humeur du moment.
Dans tous ces cas, la crĂ©ation devient un moyen d’avancer.
Et cette expérience produit souvent un effet discret mais important :
lorsque nous dĂ©couvrons que nous sommes capables d’accueillir, d’exprimer et de transformer certaines Ă©motions, nous commençons aussi Ă avoir davantage confiance dans notre capacitĂ© Ă faire face Ă ce que nous vivons.
La confiance en soi ne naßt donc pas uniquement de ce que nous réussissons.
Elle grandit également lorsque nous réalisons que nous sommes capables de traverser certaines difficultés sans nous laisser complÚtement submerger.
Exprimer ses émotions aide à avancer.
Mais la confiance en soi ne repose pas uniquement sur ce que nous ressentons.
Elle grandit Ă©galement lorsque nous dĂ©couvrons que nous sommes capables d’apprendre de nouvelles compĂ©tences.
đ¶ QuatriĂšme dĂ©couverte : crĂ©er dĂ©veloppe le sentiment de compĂ©tence
Imaginez deux adolescents.
Le premier pense :
« Je ne suis pas capable. »
Le second pense :
« Je ne sais pas encore faire, mais je peux apprendre. »
La différence paraßt minime.
Pourtant, elle change énormément de choses.
Lorsqu’une personne se sent compĂ©tente :
- Elle ose davantage essayer ;
- Elle accepte plus facilement de faire des erreurs ;
- Elle persĂ©vĂšre plus longtemps lorsqu’une difficultĂ© apparaĂźt.
Ă l’inverse, lorsqu’une personne doute constamment de ses capacitĂ©s, elle risque parfois d’abandonner avant mĂȘme d’avoir rĂ©ellement commencĂ©.
C’est ici que la crĂ©ation artistique possĂšde une force particuliĂšre.
Car elle nous place réguliÚrement dans une situation trÚs simple :
nous faisons quelque chose que nous ne savions pas faire auparavant.
Un jour :
- Nous apprenons Ă dessiner un visage.
- Puis une perspective.
- Puis une ombre.
- Puis une composition plus complexeâŠ
Ă chaque nouvelle Ă©tape, nous dĂ©couvrons que nous sommes capables d’acquĂ©rir une compĂ©tence supplĂ©mentaire.
Petit Ă petit, notre regard change.
Nous ne nous définissons plus uniquement par ce que nous ne savons pas faire.
Nous commençons Ă nous voir comme une personne capable d’apprendre.
Cette nuance est essentielle.
Car dans la vie, personne ne maßtrise tout dÚs le départ.
- Les artistes ne naissent pas en sachant dessiner.
- Les musiciens ne naissent pas en sachant jouer.
- Les sportifs ne naissent pas en sachant courir un marathon.
âïž Ils apprennent.
âïž Progressivement.
âïž Par Ă©tapes.
Comme tout le monde.
đ Apprendre change notre regard sur nous-mĂȘmes
Lorsqu’un adolescent rĂ©alise que ses compĂ©tences se dĂ©veloppent grĂące Ă ses efforts, il dĂ©couvre quelque chose de prĂ©cieux :
đ ses capacitĂ©s ne sont pas figĂ©es ;
đ il peut progresser ;
đ les difficultĂ©s ne sont pas des preuves d’Ă©chec ;
đ elles font partie de l’apprentissage.
Cette maniĂšre de voir les choses est souvent appelĂ©e l’Ă©tat d’esprit de dĂ©veloppement (growth mindset).
Les chercheurs ont montré que les personnes qui considÚrent leurs capacités comme évolutives persévÚrent davantage face aux difficultés et apprennent plus facilement de leurs erreurs.
Le dessin permet de vivre cette expérience concrÚtement.
- Chaque nouvelle compĂ©tence acquise devient une preuve que l’on peut apprendre.
- Chaque difficultĂ© surmontĂ©e devient une preuve que l’on peut Ă©voluer.
Et peu Ă peu, une nouvelle conviction apparaĂźt :
« Je ne sais peut-ĂȘtre pas encore le faire aujourd’hui.
Mais je peux apprendre. »
Cette phrase semble simple.
Pourtant, elle constitue l’un des fondements les plus solides de la confiance en soi.
Car lorsqu’une personne croit en sa capacitĂ© Ă apprendre, elle ose davantage avancer vers de nouveaux projets, relever de nouveaux dĂ©fis et construire progressivement son propre chemin.
4. đšâđš Ce que Van Gogh, Frida Kahlo et Giacometti peuvent nous apprendre
Lorsque l’on admire les Ćuvres de grands artistes, il est facile d’oublier qu’ils ont eux aussi connu le doute.
- Nous regardons leurs tableaux dans les musées.
- Nous voyons leurs Ćuvres dans les livres.
- Nous connaissons parfois leur célébrité.
Mais nous oublions souvent tout le chemin qui les a conduits jusque-lĂ .
Van Gogh a rĂ©alisĂ© des centaines d’Ă©tudes avant de trouver progressivement sa maniĂšre de peindre.
Il a longtemps cherché sa place, son style et sa façon de regarder le monde.
Frida Kahlo a transformĂ© des Ă©preuves personnelles particuliĂšrement difficiles en Ćuvres capables de toucher des millions de personnes.
Quant Ă Alberto Giacometti, il a passĂ© une grande partie de sa vie Ă essayer de reprĂ©senter ce qu’il voyait rĂ©ellement.
MĂȘme lorsqu’il Ă©tait dĂ©jĂ reconnu, il continuait Ă douter de son travail.
- Ce qui relie ces artistes n’est pas la perfection.
- Ce n’est pas non plus l’absence de difficultĂ©s.
- C’est leur capacitĂ© Ă continuer malgrĂ© les obstacles.
âïž Ă apprendre.
âïž Ă chercher.
âïž Ă recommencer.
âïž Ă progresser.
Leur parcours nous rappelle une chose essentielle :
la confiance en soi n’est pas l’absence de doute.
Beaucoup de personnes imaginent que les artistes célÚbres étaient certains de leur talent.
La réalité est souvent plus complexe.
- Ils ont connu des erreurs.
- Des hésitations.
- Des périodes de découragement.
- Des moments oĂč ils ne savaient pas encore oĂč leurs recherches allaient les mener.
Et pourtant, ils ont continué.
C’est sans doute l’une des leçons les plus importantes que l’on puisse retenir.
La confiance n’apparaĂźt pas toujours avant d’agir.
TrĂšs souvent, elle se construit pendant le chemin.
- Ă force d’essayer.
- Ă force d’apprendre.
- Ă force de constater que l’on avance malgrĂ© les difficultĂ©s.
Cette idĂ©e est prĂ©cieuse pour tous ceux qui pensent qu’ils doivent attendre d’avoir confiance pour commencer.
Car c’est souvent l’inverse qui se produit.
đ Nous commençons.
đ Nous progressons.
đ Nous dĂ©couvrons ce dont nous sommes capables.
Et peu Ă peu, la confiance grandit.
Van Gogh, Frida Kahlo et Giacometti nous rappellent finalement quelque chose de trĂšs simple :
on n’a pas besoin d’ĂȘtre sĂ»r de soi pour avancer.
Il suffit parfois d’accepter de faire un pas de plus.
5.đ Ce que les adolescents sensibles ignorent souvent sur la confiance
Lorsqu’on manque de confiance en soi, il est facile de croire que les autres possĂšdent quelque chose qui nous manque.
On imagine parfois que certaines personnes sont naturellement sĂ»res d’elles.
- Qu’elles n’ont pas peur.
- Qu’elles ne doutent jamais.
- Qu’elles avancent sans hĂ©siter.
Pourtant, la réalité est souvent bien différente.
La plupart des personnes confiantes ont elles aussi connu des moments de doute.
La diffĂ©rence est qu’elles ont continuĂ© malgrĂ© ces doutes.
C’est une idĂ©e importante.
Car beaucoup d’adolescents attendent d’avoir confiance pour agir.
Ils pensent :
- « Quand j’aurai plus confiance, je montrerai mes dessins. »
- « Quand je serai meilleur, je participerai à ce concours. »
- « Quand je serai prĂȘt, je commencerai ce projet. »
Mais la confiance fonctionne rarement dans cet ordre.
En rĂ©alitĂ©, elle apparaĂźt souvent aprĂšs l’action.
âïž C’est parce qu’une personne essaie qu’elle dĂ©couvre ce dont elle est capable.
âïž C’est parce qu’elle progresse qu’elle gagne en assurance.
âïž C’est parce qu’elle traverse certaines difficultĂ©s qu’elle rĂ©alise qu’elle peut les surmonter.
Autrement dit :
đ on ne dessine pas parce qu’on a confiance ;
đ on prend confiance parce qu’on dessine.
Cette différence paraßt simple.
Pourtant, elle change complÚtement la maniÚre de regarder ses difficultés.
Une erreur n’est plus une preuve d’incapacitĂ©.
Elle devient une Ă©tape normale de l’apprentissage.
Un doute n’est plus un signal d’arrĂȘt.
Il devient un compagnon de route que l’on apprend Ă connaĂźtre.
Une difficultĂ© n’est plus une preuve que l’on n’est pas fait pour cela.
Elle devient une occasion de progresser.
Les adolescents sensibles possÚdent souvent une qualité précieuse.
- Ils observent beaucoup.
- Ils réfléchissent.
- Ils ressentent profondément ce qui les entoure.
Cette richesse intérieure peut parfois les conduire à douter davantage.
Mais elle peut aussi devenir une force.
Car cette sensibilitĂ© nourrit la crĂ©ativitĂ©, le regard, l’imagination et la capacitĂ© Ă exprimer des choses que d’autres ne remarquent pas toujours.
La confiance ne consiste donc pas Ă ne plus avoir peur.
Elle consiste Ă avancer mĂȘme lorsque tout n’est pas parfaitement rassurant.
- Pas aprĂšs pas.
- Dessin aprĂšs dessin.
- Expérience aprÚs expérience.
Et c’est souvent ainsi que naissent les plus belles Ă©volutions.
6. âïž Et si vous commenciez aujourd’hui ?
AprĂšs avoir lu cet article, vous pourriez ĂȘtre tentĂ© de chercher une mĂ©thode compliquĂ©e pour dĂ©velopper votre confiance en vous.
Pourtant, l’une des approches les plus efficaces est souvent la plus simple.
Commencer.
- Pas demain.
- Pas lorsqu’on se sentira prĂȘt.
- Pas lorsque le doute aura disparu.
Aujourd’hui.
MĂȘme pendant quelques minutes.
Prenez une feuille ou un carnet.
Choisissez un objet devant vous.
- Une tasse.
- Une chaussure.
- Une plante.
- Un objet que vous utilisez tous les jours.
Dessinez-le sans chercher à réaliser quelque chose de parfait.
âïž L’objectif n’est pas de produire un beau dessin.
âïž L’objectif est de conserver une trace.
Â
SignezâŠ
Puis datez votre page.
Rangez-la.
Et continuez Ă dessiner de temps en temps au cours des prochaines semaines.
Dans un mois, reprenez le mĂȘme objet.
Dessinez-le Ă nouveau.
Puis comparez les deux dessins.
Peut-ĂȘtre remarquerez-vous peu de diffĂ©rences.
Peut-ĂȘtre au contraire serez-vous surpris.
Mais dans tous les cas, vous aurez créé quelque chose de précieux :
- une preuve.
- La preuve que vous avez osé commencer.
- La preuve que vous avez pratiqué.
- La preuve que vous ĂȘtes capable d’apprendre.
Et parfois, la confiance en soi commence exactement ainsi.
Non pas avec une certitude.
Mais avec une simple feuille de papier, un premier trait de crayon et la dĂ©cision d’essayer.
Car la confiance n’est pas un point de dĂ©part.
Elle est souvent le résultat du chemin parcouru.
7. đ Bonus crĂ©atif : le carnet des petites victoires
Et si vous commenciez Ă collectionner vos progrĂšs plutĂŽt que vos erreurs ?
Nous avons souvent tendance Ă remarquer ce qui ne fonctionne pas encore :
- un dessin raté ;
- une perspective difficile ;
- une ombre maladroite ;
- un projet inachevé.
Pourtant, notre cerveau a aussi besoin de voir ce qui avance.
C’est l’objectif du carnet des petites victoires.
âïž Comment faire ?
Choisissez un carnet dédié à votre progression.
AprÚs chaque séance de dessin, prenez une minute pour noter :
- une chose que vous avez apprise ;
- une difficulté que vous avez surmontée ;
- un dĂ©tail dont vous ĂȘtes satisfait ;
- une découverte réalisée pendant votre dessin.
Cela peut ĂȘtre trĂšs simple :
- « J’ai rĂ©ussi Ă mieux dessiner les yeux aujourd’hui. »
- « J’ai compris comment construire un cylindre. »
- « J’ai osĂ© utiliser plus de couleurs. »
- « Je suis allé au bout de mon dessin malgré mes doutes. »
đ Conservez vos anciens dessins
Ne jetez pas systématiquement vos essais.
MĂȘme ceux que vous trouvez maladroits aujourd’hui.
Ils deviendront peut-ĂȘtre les preuves de vos progrĂšs demain.
Un dessin qui vous semble imparfait aujourd’hui pourra vous montrer, dans quelques mois, tout le chemin parcouru.
đ§ Le dĂ©fi Atelier Mucyol
Pendant les 30 prochains jours :
đ rĂ©alisez un petit dessin aussi souvent que possible ;
đ datez-le ;
đ conservez-le ;
đ notez une petite victoire dans votre carnet.
Ă la fin du mois, prenez quelques minutes pour regarder l’ensemble.
Vous dĂ©couvrirez peut-ĂȘtre quelque chose d’Ă©tonnant :
la confiance n’est pas apparue d’un seul coup.
Elle s’est construite discrĂštement, dessin aprĂšs dessin, expĂ©rience aprĂšs expĂ©rience.
Et parfois, il suffit de regarder en arriĂšre pour s’en rendre compte.
8. đ Sources et ressources pour aller plus loin
Cet article s’appuie sur des recherches en psychologie, en neurosciences et sur des travaux portant sur la crĂ©ativitĂ©, l’apprentissage et le dĂ©veloppement de la confiance en soi.
đ§ Psychologie de la confiance et sentiment d’efficacitĂ© personnelle
Albert Bandura
Psychologue canadien reconnu pour ses travaux sur le sentiment d’efficacitĂ© personnelle (self-efficacy), c’est-Ă -dire la croyance que nous avons en notre capacitĂ© Ă agir, apprendre et rĂ©ussir.
đ Bandura, A. (1997).
Self-Efficacy: The Exercise of Control.
W.H. Freeman.
đ± DĂ©velopper ses capacitĂ©s grĂące Ă l’effort
Carol Dweck
Chercheuse en psychologie Ă l’UniversitĂ© Stanford, connue pour ses travaux sur le growth mindset (Ă©tat d’esprit de dĂ©veloppement).
đ Dweck, C. (2006).
Mindset: The New Psychology of Success.
đŹ Neurosciences, motivation et rĂ©compense
Les recherches en neurosciences montrent que les expĂ©riences de rĂ©ussite activent les circuits cĂ©rĂ©braux impliquĂ©s dans la motivation et l’apprentissage.
đ Institut National de la SantĂ© et de la Recherche MĂ©dicale (INSERM)
đ https://www.inserm.fr
đš Art, Ă©motions et bien-ĂȘtre
Plusieurs Ă©tudes montrent que les activitĂ©s artistiques favorisent l’expression Ă©motionnelle, rĂ©duisent certaines formes de stress et contribuent au bien-ĂȘtre psychologique.
đ Organisation Mondiale de la SantĂ© (OMS)
What is the evidence on the role of the arts in improving health and well-being ? (2019)
đ https://www.who.int
đ Art et adolescents
UNESCO
Les pratiques artistiques participent au dĂ©veloppement de la crĂ©ativitĂ©, de la confiance en soi, de l’expression personnelle et de l’engagement des jeunes.
đ https://www.unesco.org
đ Pour aller plus loin sur Atelier Mucyol
Vous pouvez également consulter :
đ Pourquoi l’art fait du bien au cerveau : 5 dĂ©couvertes scientifiques Ă©tonnantes
đ Pourquoi l’art aide les adolescents sensibles Ă mieux rĂ©guler leurs Ă©motions
đ Pourquoi apprendre Ă observer change votre dessin
đ Frida Kahlo : une artiste qui transforme sa vie en images
âïžÂ Article rĂ©digĂ© par Mucyol â Atelier Mucyol
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