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Et si votre matériel de dessin commençait par un carnet ?
Lorsque lâon dĂ©cide de commencer ou de reprendre le dessin, une question arrive souvent trĂšs vite :
Quel matériel faut-il acheter ?
Face aux rayons remplis de crayons, de feutres, de papiers et de coffrets colorés, il est facile de se sentir perdu.
Faut-il choisir un crayon HB ou un 6B ?
Un papier lisse ou Ă grain ?
Des crayons classiques ou aquarellables ?
Peut-on utiliser de la peinture dans un carnet ?
Et faut-il vraiment posséder tout ce matériel pour progresser ?
La réponse est plutÎt rassurante :
Vous nâavez pas besoin de tout acheter pour commencer.
Quelques outils bien choisis suffisent dĂ©jĂ pour explorer le dessin, Ă condition de comprendre ce quâils permettent et de les choisir en fonction de ce que vous avez rĂ©ellement envie dâessayer.
Et avant mĂȘme de parler de crayons, de couleur ou de peinture, il y a un support auquel on pense parfois trop tard :
le carnet.
Un carnet peut devenir un espace dâessais, de recherches, de petites dĂ©couvertes et de progrĂšs visibles au fil des pages.
Il permet aussi de rassembler ce qui, autrement, finirait facilement dispersé sur quelques feuilles.
Câest pourquoi, dans ce premier article consacrĂ© au matĂ©riel de dessin, nous allons commencer par lui.
Pas pour chercher le carnet parfait.
Mais pour comprendre quel support peut rĂ©ellement vous accompagner aujourdâhui, selon votre pratique, vos envies et votre maniĂšre de dessiner.
đ§ Sommaire
-
- đ Pourquoi commencer son matĂ©riel de dessin par un carnet ?
- đ Un, deux ou trois carnets : choisir selon sa maniĂšre de dessiner
- âïžÂ Comment choisir le carnet que vous aurez rĂ©ellement envie dâutiliser ?
- đïž Quel papier choisir selon ce que vous voulez dessiner ?
- đ§âđš Mes conseils de matĂ©riel pour commencer sans trop acheter
- đ Un bon carnet nâest pas forcĂ©ment un carnet cher
- đ Bonus : la fiche pour choisir son carnet sans se tromper
- â FAQ : carnet et matĂ©riel de dessin
1. đ Pourquoi commencer son matĂ©riel de dessin par un carnet ?
Lorsque lâon pense au matĂ©riel de dessin, on imagine facilement une trousse bien remplie, des crayons de diffĂ©rentes duretĂ©s, des feutres, une boĂźte de couleurs ou quelques pinceaux.
Pourtant, avant mĂȘme de choisir tous ces outils, il existe un support beaucoup plus simple qui peut leur donner du sens :
le carnet dans lequel vous allez les essayer.
Un crayon posé dans une boßte reste un crayon.
Dans un carnet, il devient une ligne, une ombre, une texture, une idĂ©e ou le dĂ©but dâun dessin.
Le carnet est finalement lâendroit oĂč le matĂ©riel commence vĂ©ritablement Ă vivre.
Un espace pour essayer sans devoir réussir
Une feuille isolée peut parfois impressionner.
Elle semble attendre un dessin propre, terminĂ©, suffisamment rĂ©ussi pour mĂ©riter dâĂȘtre conservĂ©.
Le carnet offre une autre sensation.
Les pages se suivent. Certaines seront trĂšs remplies, dâautres presque vides. Un dessin pourra ĂȘtre interrompu, repris quelques jours plus tard, recouvert, annotĂ© ou simplement abandonnĂ©.
Et ce nâest pas grave.
Cette continuité aide justement à relativiser ce qui se passe sur une seule page.
Un essai qui ne vous satisfait pas ne condamne pas le carnet entier. Il devient simplement une Ă©tape parmi dâautres.
Vous pouvez y tester :
- la pression dâun crayon ;
- plusieurs façons de tracer une ligne ;
- un petit dégradé ;
- une ombre observée sur un objet ;
- une texture ;
- quelques associations de couleurs ;
- une idĂ©e rapidement notĂ©e avant de lâoublier.
Le carnet ne demande pas que chaque page soit réussie.
Il donne surtout la possibilité de continuer.
Et lorsque lâon apprend ou que lâon reprend le dessin, cette page suivante est prĂ©cieuse.
Un rendez-vous avec sa pratique
Le carnet peut aussi rendre le dessin beaucoup plus facile à intégrer dans le quotidien.
Il nâa pas besoin dâĂȘtre sorti uniquement pour une longue sĂ©ance de travail.
Il peut rester posĂ© prĂšs dâun fauteuil, ouvert sur un coin de table ou glissĂ© dans un sac. On peut y revenir pendant cinq ou dix minutes lorsque quelque chose attire le regard.
- Une plante.
- Une tasse.
- Une main.
- Une ombre sur un mur.
- Une photographie que lâon aime.
Quelques traits suffisent.
Cette simplicitĂ© est particuliĂšrement prĂ©cieuse lorsque lâon manque de temps, que lâon reprend aprĂšs une pause ou que lâon ne sait pas encore trĂšs bien ce que lâon souhaite dessiner.
Et si vous souhaitez comprendre pourquoi cette observation change profondĂ©ment votre maniĂšre de dessiner, dĂ©couvrez aussi đ Pourquoi apprendre Ă observer change votre dessin.
Ouvrir son carnet devient alors une maniÚre de retrouver réguliÚrement le chemin vers le dessin.
Il nâest pas nĂ©cessaire dâavoir une grande idĂ©e.
On regarde.
On essaie.
Et parfois, lâenvie arrive simplement parce que lâon a commencĂ©.
Le carnet rassemble ce que les feuilles dispersent
Les feuilles volantes restent trĂšs utiles, notamment pour travailler en grand format.
Mais elles ont aussi une fĂącheuse tendance Ă se mĂ©langer, Ă disparaĂźtre dans une pochette ou Ă rester empilĂ©es sans que lâon prenne le temps de les revoir.
Le carnet conserve les essais dans leur ordre.
Quelques semaines ou quelques mois plus tard, vous pouvez y retrouver :
- le premier test dâun nouveau crayon ;
- une couleur que vous aviez particuliÚrement aimée ;
- une idée laissée de cÎté ;
- un dessin que vous croyiez raté et que vous regardez désormais autrement ;
- une technique que vous avez envie dâapprofondir.
En tournant les pages, on découvre parfois des évolutions qui étaient presque invisibles au quotidien.
- Le trait est devenu plus assuré.
- Les ombres sont plus nuancées.
- Les formes prennent davantage de place.
Certaines couleurs ou certains sujets reviennent réguliÚrement.
Le carnet rend visibles les petits changements que lâon ne remarque pas toujours pendant que lâon dessine.
Pour un adolescent qui envisage plus tard une Ă©cole dâart, ces pages peuvent Ă©galement devenir intĂ©ressantes.
Elles ne garantissent évidemment aucune admission.
Mais elles peuvent garder les traces dâune curiositĂ©, dâessais successifs, de recherches et dâun cheminement que lâon sera peut-ĂȘtre un jour capable de prĂ©senter et dâexpliquer.
Le matériel trouve sa place au fil des besoins
Commencer par un carnet permet aussi dâĂ©viter une erreur frĂ©quente :
acheter beaucoup de matĂ©riel avant de savoir ce que lâon aime rĂ©ellement utiliser.
Une personne peut ĂȘtre attirĂ©e par une grande boĂźte de feutres, puis dĂ©couvrir quâelle prĂ©fĂšre finalement les nuances du graphite.
Une autre commencera avec un simple crayon Ă papier et ressentira rapidement le besoin dâintroduire de la couleur.
Une troisiÚme prendra plaisir aux traits trÚs fins, aux hachures ou au dessin au feutre pigmenté.
Il nâexiste pas une trousse idĂ©ale qui conviendrait Ă tout le monde.
Le carnet permet justement de faire apparaĂźtre les besoins progressivement.
Vous pourrez constater, par exemple :
- que votre crayon HB ne permet pas dâobtenir les noirs profonds que vous recherchez ;
- que vous aimeriez éclaircir certaines zones sans tout effacer ;
- que votre papier gondole lorsque vous ajoutez de lâeau ;
- que vos feutres traversent les pages ;
- ou que votre petit format limite les gestes que vous aimeriez essayer.
Ă ce moment-lĂ , acheter un nouvel outil prend tout son sens.
Il ne rĂ©pond plus seulement Ă lâenvie dâavoir davantage de matĂ©riel.
Il vient résoudre une difficulté précise ou ouvrir une possibilité que vous avez déjà commencé à explorer.
Le matériel devient alors une réponse, et non une accumulation.
Il nâest pas nĂ©cessaire de commencer avec un beau carnet
Un carnet trĂšs coĂ»teux peut parfois produire exactement lâeffet inverse de celui recherchĂ©.
On hésite à tracer la premiÚre ligne.
On craint de gĂącher le papier.
On attend une meilleure idĂ©e, un meilleur moment⊠ou dâavoir suffisamment progressĂ© pour ĂȘtre « Ă la hauteur » du carnet.
Pour commencer, le support le plus utile est souvent celui que vous osez réellement utiliser.
Il peut ĂȘtre simple.
Il peut déjà comporter quelques pages remplies.
Il peut mĂȘme sâagir, dans un premier temps, de quelques feuilles regroupĂ©es dans une pochette ou maintenues ensemble par une pince.
La qualité du papier deviendra importante lorsque nous aborderons certaines techniques.
Mais pour regarder, tracer et rĂ©aliser vos premiers essais, vous nâavez pas besoin de possĂ©der immĂ©diatement le carnet parfait.
Commencez avec ce que vous possĂ©dez dĂ©jĂ
Avant de rĂ©flĂ©chir Ă tout ce quâil faudrait acheter, regardez ce qui se trouve dĂ©jĂ autour de vous.
Pour une premiÚre expérience, vous pouvez simplement rassembler :
- un carnet ou quelques feuilles ;
- un crayon Ă papier ;
- une gomme ;
- un taille-crayon ;
- éventuellement quelques couleurs.
Puis ouvrez une page.
Avec le mĂȘme crayon, tracez plusieurs lignes en faisant varier :
- la pression ;
- la vitesse ;
- lâinclinaison de la pointe ;
- la longueur des traits ;
- leur rapprochement.
Vous constaterez quâun seul outil permet dĂ©jĂ dâobtenir des rĂ©sultats trĂšs diffĂ©rents.
Cette premiĂšre page nâa pas besoin dâĂȘtre belle.
Elle marque simplement le dĂ©but dâune exploration.
Votre matériel de dessin ne commence donc pas forcément par une grande trousse.
Il commence peut-ĂȘtre par un carnet suffisamment accueillant pour recevoir vos premiĂšres traces.
Reste maintenant à savoir si un seul carnet suffit⊠ou si plusieurs supports peuvent parfois accompagner des envies différentes.
2. đ Un, deux ou trois carnets : choisir selon sa maniĂšre de dessiner
Lorsque lâon commence Ă dessiner, on peut ĂȘtre tentĂ© de chercher le carnet idĂ©al.
Celui qui accueillerait aussi bien :
- les croquis au crayon ;
- les crayons de couleur ;
- les feutres ;
- lâencre ;
- lâaquarelle ;
- la peinture ;
- et toutes les techniques que lâon dĂ©couvrira peut-ĂȘtre plus tard.
Ce carnet parfaitement universel existe rarement.
Chaque papier possĂšde une texture, une Ă©paisseur et une capacitĂ© dâabsorption particuliĂšres. Un support trĂšs agrĂ©able pour le graphite ne rĂ©agira pas forcĂ©ment bien avec beaucoup dâeau. Ă lâinverse, un papier Ă©pais destinĂ© aux techniques humides peut sembler moins agrĂ©able pour multiplier de petits croquis rapides.
Mais il y a une bonne nouvelle :
vous nâavez pas besoin de prĂ©voir toute votre future pratique dĂšs aujourdâhui.
Un seul carnet peut parfaitement suffire pour commencer.
Les suivants viendront Ă©ventuellement plus tard, lorsquâune envie ou une technique demandera rĂ©ellement un autre support.
Le carnet principal : celui que vous ouvrirez réguliÚrement
Votre premier carnet doit avant tout ĂȘtre facile Ă utiliser.
Il peut rester prĂšs de vous, ĂȘtre posĂ© sur un coin de table ou glissĂ© dans un sac sans devenir un objet tellement prĂ©cieux que vous nâosez plus y dessiner.
Il pourra accueillir :
- des croquis rapides ;
- des exercices ;
- des observations du quotidien ;
- des essais de traits ;
- des recherches de formes ;
- quelques notes ;
- des tests de crayons ou de couleurs.
Il nâa pas besoin dâĂȘtre spĂ©cialisĂ©.
Son premier rÎle est simplement de vous permettre de dessiner réguliÚrement.
Avant de choisir, une question toute simple peut déjà vous aider :
OĂč ai-je le plus de chances dâouvrir rĂ©ellement ce carnet ?
Un magnifique carnet qui reste rangĂ© dans un placard sera toujours moins utile quâun support beaucoup plus simple utilisĂ© plusieurs fois par semaine.
Le carnet nomade : garder une trace de ce qui attire votre regard
Certaines personnes aiment avoir un petit carnet quâelles peuvent emmener facilement avec elles.
Il peut ĂȘtre ouvert :
- pendant une promenade ;
- dans les transports ;
- dans une salle dâattente ;
- au café ;
- pendant un voyage ;
- ou simplement lorsquâun dĂ©tail du quotidien attire soudainement lâattention.
Il ne sâagit pas forcĂ©ment dây rĂ©aliser des dessins aboutis.
Quelques secondes peuvent parfois suffire pour noter :
- la silhouette dâun arbre ;
- une position de main ;
- la forme particuliĂšre dâune chaise ;
- une association de couleurs ;
- une idée de personnage ;
- la composition dâune image ;
- quelques mots liés à une sensation.
Peu à peu, ce carnet devient une réserve de regards.
Il conserve ce qui aurait autrement été oublié.
Une petite forme, une couleur rapidement notĂ©e ou un dessin de trente secondes peuvent devenir, quelques jours ou quelques mois plus tard, le point de dĂ©part dâune nouvelle recherche.
Le carnet nomade ne cherche pas Ă conserver uniquement de beaux dessins. Il protĂšge les petites Ă©tincelles avant quâelles ne disparaissent.
Le carnet dâentraĂźnement : rĂ©pĂ©ter pour mieux comprendre
Un autre support peut ĂȘtre consacrĂ© aux exercices et aux recherches plus rĂ©guliĂšres.
On peut y travailler :
- les lignes ;
- les cercles ;
- les dégradés ;
- les constructions ;
- les proportions ;
- les ombres et la lumiĂšre ;
- plusieurs versions dâun mĂȘme sujet.
Le mot entraßnement peut parfois sembler un peu austÚre.
Pourtant, en dessin, sâentraĂźner ne signifie pas forcĂ©ment remplir mĂ©caniquement des pages avec le mĂȘme exercice.
On peut revenir plusieurs fois sur un sujet en changeant simplement la maniĂšre de lâaborder.
Essayez par exemple de dessiner le mĂȘme objet :
- en deux minutes ;
- uniquement avec des lignes droites ;
- en regardant surtout les ombres ;
- sans lever le crayon ;
- en trĂšs petit ;
- puis beaucoup plus grand.
Le sujet reste identique.
Mais chaque essai oblige le regard et la main Ă chercher une autre solution.
SâentraĂźner ne signifie donc pas toujours refaire la mĂȘme chose. Cela peut aussi consister Ă chercher plusieurs chemins.
Ce type de carnet est particuliĂšrement intĂ©ressant lorsque lâon souhaite progresser sans donner trop dâimportance au rĂ©sultat de chaque page.
- On tourne.
- On recommence.
- On compare.
Et peu à peu, certaines difficultés deviennent plus compréhensibles.
Le carnet dâexpĂ©rimentation : accueillir la couleur et la matiĂšre
à mesure que la pratique évolue, une autre envie peut apparaßtre :
et si jâajoutais de la couleur, de lâeau, de lâencre ou un peu de peinture ?
Câest souvent Ă ce moment-lĂ quâun deuxiĂšme support devient rĂ©ellement utile.
Avec un papier plus adapté, on peut commencer à explorer :
- les crayons aquarellables ;
- lâencre ;
- la gouache ;
- les mélanges de couleurs ;
- les pastels gras ;
- le collage ;
- certaines techniques mixtes.
Ce carnet nâa pas besoin de remplacer tous les papiers spĂ©cialisĂ©s.
Son rÎle est différent.
Il permet de tester, combiner et découvrir.
On peut y poser une couleur puis dessiner par-dessus.
Ajouter un morceau de papier.
Recouvrir partiellement une ancienne page.
Observer ce qui se produit lorsque deux matiĂšres se rencontrent.
Et parfois obtenir un rĂ©sultat que lâon nâavait absolument pas prĂ©vu.
Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui rend ce carnet intĂ©ressant.
Le carnet dâexpĂ©rimentation nâest pas lâendroit oĂč lâon connaĂźt dĂ©jĂ le rĂ©sultat. Câest lâendroit oĂč lâon accepte de le dĂ©couvrir.
Un carnet par technique⊠ou simplement par envie ?
Il nâest pas obligatoire dâorganiser ses carnets de maniĂšre trĂšs rigoureuse.
Certaines personnes aiment avoir :
- un carnet pour le graphite ;
- un carnet pour la couleur ;
- un carnet pour lâaquarelle.
Cette organisation peut ĂȘtre pratique lorsque les papiers nĂ©cessaires sont trĂšs diffĂ©rents.
Mais il existe une autre possibilitĂ©, parfois plus personnelle : donner une intention Ă chaque carnet plutĂŽt quâune technique.
Vous pouvez avoir par exemple :
- un carnet du quotidien pour observer ce qui vous entoure ;
- un carnet de personnages pour le portrait, lâillustration ou le manga ;
- un carnet de couleurs pour tester des associations ;
- un carnet dâidĂ©es oĂč textes, images et collages peuvent se mĂ©langer ;
- un carnet consacré à un projet particulier.
Le carnet devient alors lié à une envie.
Vous savez pourquoi vous lâouvrez, sans forcĂ©ment savoir Ă lâavance ce que vous allez y produire.
Cette organisation peut aussi évoluer.
Un carnet commencĂ© pour le manga peut accueillir un jour des Ă©tudes de mains ou de vĂȘtements.
Un carnet de couleur peut devenir le point de dĂ©part dâun travail plus personnel.
Les catégories sont là pour vous aider, pas pour enfermer votre pratique.
Plusieurs carnets peuvent libérer⊠ou compliquer
Pour certaines personnes, séparer les supports apporte beaucoup de liberté.
Elles peuvent utiliser un papier diffĂ©rent selon leurs techniques et ne craignent pas dâabĂźmer un dessin au graphite en ajoutant de lâeau quelques pages plus loin.
Dâautres prĂ©fĂšrent tout mĂ©langer.
Les croquis, les notes, les couleurs et les expĂ©riences se retrouvent dans un mĂȘme carnet qui devient presque le journal de leur pratique.
Aucune de ces organisations nâest meilleure que lâautre.
Et multiplier les carnets possĂšde aussi un petit risque.
Celui de créer une nouvelle hésitation :
« Dans lequel dois-je dessiner aujourdâhui ? »
Si le choix du support devient une raison de ne pas commencer, mieux vaut revenir Ă quelque chose de trĂšs simple.
Ouvrez celui qui est devant vous.
Dessinez.
Vous pourrez toujours organiser davantage votre matériel ensuite.
Trois carnets ne sont pas trois obligations
Dans cet article, nous parlons donc de trois grandes fonctions :
le carnet du quotidien, le carnet dâentraĂźnement et le carnet dâexpĂ©rimentation.
Mais il ne sâagit surtout pas dâune liste de fournitures Ă acheter.
Ces trois fonctions peuvent parfaitement cohabiter dans un seul carnet, particuliĂšrement lorsque lâon dĂ©bute.
Vous pouvez simplement y consacrer :
- quelques pages aux croquis ;
- quelques pages aux exercices ;
- dâautres aux couleurs ;
- quelques espaces aux notes ou aux idées.
Puis observer ce qui se passe.
Peut-ĂȘtre dĂ©couvrirez-vous que votre carnet vous convient parfaitement.
Ou peut-ĂȘtre rencontrerez-vous une limite trĂšs concrĂšte :
le papier supporte mal lâeau, le format vous semble trop petit, les feutres traversent les pages ou vous aimeriez conserver certaines recherches sĂ©parĂ©ment.
Ce sera alors le bon moment pour choisir un autre support.
Votre prochain carnet devrait répondre à une envie que vous avez déjà rencontrée, et non à la peur de ne pas posséder assez de matériel.
Avant dâacheter, demandez-vous donc simplement :
OĂč vais-je dessiner ?
Avec quels outils ?
Et quâai-je rĂ©ellement envie dâessayer maintenant ?
Ces réponses seront beaucoup plus utiles que la recherche du carnet présenté comme « le meilleur ».
Car le bon support nâest pas forcĂ©ment celui qui possĂšde le papier le plus prestigieux.
Câest celui qui correspond suffisamment bien Ă votre pratique pour que vous ayez envie dây revenir.
Dans la partie suivante, nous allons justement regarder ce qui diffĂ©rencie concrĂštement les carnets : A5, A4 ou A3, spirales ou reliure, papier lisse ou Ă grain, grammage lĂ©ger ou plus Ă©paisâŠ
Autant de petites caractéristiques qui peuvent réellement changer votre maniÚre de dessiner.
3. âïž Comment choisir le carnet que vous aurez rĂ©ellement envie dâutiliser ?
Dans un rayon de matériel artistique, les carnets peuvent sembler presque identiques.
Pourtant, leur format, leur reliure, leur papier et leur grammage changent réellement la maniÚre de dessiner.
- Un petit carnet encourage les croquis rapides.
- Un grand format donne davantage dâespace au geste.
- Un papier lisse favorise les lignes précises.
- Un papier Ă grain fait davantage apparaĂźtre la matiĂšre du crayon.
Il ne sâagit donc pas seulement de choisir un bel objet.
Le carnet doit correspondre à votre maniÚre de dessiner, mais aussi aux expériences que vous avez envie de tenter.
A5, A4 ou A3 : quelle taille choisir ?
La taille du carnet ne change pas seulement la quantité de place disponible.
Elle influence aussi la maniÚre dont votre main et votre corps participent au dessin.
Le format A5 : facile Ă garder prĂšs de soi
Le format A5 correspond Ă la moitiĂ© dâune feuille A4.
Il est suffisamment petit pour ĂȘtre glissĂ© dans un sac, posĂ© prĂšs dâun fauteuil ou emportĂ© pendant une promenade.
Il convient particuliĂšrement bien pour :
- les croquis rapides ;
- les recherches de personnages ;
- les petites observations ;
- les notes accompagnées de dessins ;
- les idées prises sur le vif ;
- quelques essais de couleurs.
Sa petite taille peut également rassurer.
La page paraßt moins impressionnante et se remplit plus rapidement. Il devient plus facile de dessiner quelques minutes sans avoir le sentiment de devoir réaliser une grande composition.
Mais ce format possĂšde aussi une limite.
Lorsque lâon travaille toujours trĂšs petit, le geste peut rester contenu. On dessine beaucoup avec les doigts et le poignet, et moins avec lâensemble du bras.
Le A5 est donc un excellent compagnon du quotidien, mais il nâa pas besoin de devenir votre seul espace de dessin.
Le format A4 : un équilibre trÚs confortable
Le format A4 offre davantage de place tout en restant facile Ă ranger et relativement simple Ă transporter.
Il permet de travailler confortablement :
- un dessin dâobservation ;
- plusieurs recherches sur une mĂȘme page ;
- des Ă©tudes dâombre et de lumiĂšre ;
- des portraits ;
- des exercices de construction ;
- des compositions simples ;
- des essais de matiĂšres.
Câest souvent un format trĂšs Ă©quilibrĂ© pour dĂ©buter ou reprendre le dessin.
La page est suffisamment grande pour permettre des gestes plus libres, sans ĂȘtre aussi impressionnante quâune grande feuille.
Pour une pratique réguliÚre du dessin, le A4 constitue souvent un trÚs bon format principal.
Il peut dâailleurs parfaitement cohabiter avec un petit A5 rĂ©servĂ© aux croquis nomades.
Le format A3 : lorsque le geste a besoin dâespace
Le format A3 correspond à deux feuilles A4 placées cÎte à cÎte.
Il est évidemment moins pratique à emporter, mais il permet une expérience trÚs différente.
Sur une grande feuille, vous pouvez :
- dessiner davantage avec lâensemble du bras ;
- agrandir vos formes ;
- observer autrement les proportions ;
- réaliser des dégradés plus amples ;
- construire une composition ;
- travailler plusieurs éléments ensemble ;
- donner une autre énergie à votre trait.
Lorsque lâon dessine principalement dans de petits carnets, le passage au grand format peut ĂȘtre dĂ©stabilisant.
Les distances changent.
Le geste doit sâadapter.
On ne contrĂŽle plus tout uniquement du bout des doigts.
Mais câest justement ce qui rend lâexpĂ©rience intĂ©ressante.
Changer de format ne consiste pas seulement Ă faire le mĂȘme dessin en plus grand. Cela change aussi la maniĂšre dont votre corps dessine.
Il nâest donc pas nĂ©cessaire de possĂ©der un carnet A3 pour chaque jour.
Quelques feuilles ou un bloc peuvent suffire lorsque vous souhaitez ponctuellement travailler plus grand.
đ Petit repĂšre
Si vous hésitez entre les trois formats :
A5Â â pour emporter et dessiner souvent.
A4Â â pour apprendre, observer et travailler confortablement.
A3Â â pour agrandir le geste et sortir de ses habitudes.
Il ne sâagit Ă©videmment pas dâune rĂšgle.
Câest simplement un point de dĂ©part.
Spirales ou carnet reliĂ© : quâest-ce qui change vraiment ?
Le type de reliure semble parfois secondaire.
Pourtant, il peut avoir une influence trĂšs concrĂšte sur le confort de dessin.
La spirale : pratique et facile Ă ouvrir
Les carnets et blocs Ă spirales sont particuliĂšrement pratiques pour les exercices.
Ils permettent généralement :
- dâouvrir complĂštement le carnet ;
- de replier les pages derriĂšre ;
- de travailler sur une surface presque plane ;
- parfois de détacher facilement une feuille ;
- de poser le carnet sur un espace réduit.
Ils sont trĂšs pratiques pour les cours, les exercices et une utilisation quotidienne.
La spirale peut toutefois gĂȘner lorsque lâon souhaite dessiner trĂšs prĂšs du bord intĂ©rieur, notamment selon la main avec laquelle on dessine.
Dans ce cas, il suffit parfois de retourner le carnet ou de commencer depuis lâautre extrĂ©mitĂ©.
Le carnet relié : conserver un ensemble
Le carnet relié donne une sensation différente.
Les pages restent ensemble et forment peu Ă peu une sorte de livre en construction.
Il est particuliÚrement agréable pour :
- un carnet de voyage ;
- un journal dessiné ;
- une série de recherches ;
- un projet suivi ;
- un carnet mĂȘlant textes, images et collages.
Si vous en choisissez un, vĂ©rifiez si possible quâil sâouvre suffisamment Ă plat.
Un carnet qui cherche constamment Ă se refermer peut rapidement devenir agaçant lorsque lâon dessine.
Et les pages détachables ?
Certains blocs possĂšdent des feuilles microperforĂ©es que lâon peut retirer proprement.
Cela peut ĂȘtre utile pour :
- présenter un exercice ;
- scanner facilement un dessin ;
- travailler sur une feuille séparée ;
- encadrer une réalisation ;
- offrir ou conserver certaines pages autrement.
Mais il nâest pas nĂ©cessaire de dĂ©tacher tout ce qui ne vous plaĂźt pas.
Les essais imparfaits ont eux aussi une valeur.
Conserver certaines pages que lâon aurait autrefois jetĂ©es permet de voir le chemin parcouru.
Si lâon ne garde que les dessins que lâon estime rĂ©ussis, on finit parfois par oublier tout ce quâil a fallu essayer pour y parvenir.
Papier lisse ou papier Ă grain ?
Passez la main sur deux papiers de dessin différents.
Lâun semblera presque uniforme.
Sur lâautre, vous sentirez de petites aspĂ©ritĂ©s.
Cette diffĂ©rence de surface sâappelle gĂ©nĂ©ralement le grain.
Et elle modifie réellement le résultat obtenu.
Le papier lisse
Sur un papier lisse, le crayon rencontre peu dâirrĂ©gularitĂ©s.
Il est particuliĂšrement agrĂ©able lorsque lâon recherche :
- des lignes précises ;
- de petits détails ;
- des hachures réguliÚres ;
- des contours fins ;
- une surface assez nette.
Le geste glisse plus facilement et les traits restent précis.
En revanche, un papier trĂšs lisse offre parfois moins dâaccroche lorsque lâon veut multiplier les couches ou obtenir beaucoup de matiĂšre.
Le papier Ă grain
Le papier Ă grain possĂšde une texture plus visible.
Le graphite ou la couleur se déposent dans les petites irrégularités de la surface, ce qui peut donner davantage de présence aux ombres et aux matiÚres.
Il est agréable pour travailler :
- les valeurs ;
- les ombres ;
- les dégradés ;
- les crayons plus tendres ;
- les textures ;
- certains crayons de couleur.
En revanche, un grain trÚs marqué rend parfois les détails minuscules moins nets.
On pourrait résumer ainsi :
le papier lisse favorise volontiers la précision ;
le papier Ă grain fait davantage sentir la matiĂšre.
Mais vous nâavez pas Ă choisir dĂ©finitivement un camp.
Avec le temps, vous découvrirez simplement que certains papiers vous plaisent davantage pour certains dessins.
Le grammage : que signifie le chiffre inscrit sur le bloc ?
Sur presque tous les carnets et blocs de dessin apparaĂźt un nombre :
90 g/mÂČ, 120 g/mÂČ, 160 g/mÂČ, 250 g/mÂČ, 300 g/mÂČâŠ
Il sâagit du grammage du papier, câest-Ă -dire du poids dâun mĂštre carrĂ© de ce papier.
Pour le lecteur qui débute, on peut retenir une idée simple :
plus le grammage augmente, plus le papier est généralement épais et capable de supporter des sollicitations importantes.
Mais attention : le grammage ne dit pas tout.
Deux papiers de mĂȘme poids peuvent rĂ©agir diffĂ©remment selon leur composition, leur fabrication ou leur capacitĂ© dâabsorption.
Le chiffre est donc un repÚre, pas une garantie absolue.
Pour vous orienter simplement :
- un papier léger convient bien aux croquis et aux techniques sÚches ;
- un papier intermédiaire offre davantage de polyvalence ;
- un papier Ă©pais devient intĂ©ressant lorsque lâon introduit de lâeau ou davantage de matiĂšre.
Nous verrons précisément dans la partie suivante quel grammage et quel type de papier choisir selon les outils que vous utilisez.
Le blanc du papier peut lui aussi changer votre dessin
Le papier nâest pas toujours parfaitement blanc.
Certains supports sont trĂšs lumineux.
Dâautres tirent lĂ©gĂšrement vers lâivoire ou le crĂšme.
Cette nuance influence discrÚtement le résultat.
Un papier trÚs blanc accentue généralement les contrastes.
Un papier légÚrement chaud peut apporter une sensation plus douce.
Il existe aussi des papiers :
- gris ;
- beiges ;
- bruns ;
- noirs ;
- ou colorés.
Sur un papier teintĂ©, le fond joue dĂ©jĂ le rĂŽle dâune valeur intermĂ©diaire.
On peut alors ajouter les ombres, mais aussi faire apparaßtre directement la lumiÚre avec un crayon blanc ou un pastel clair.
Câest une expĂ©rience trĂšs intĂ©ressante pour comprendre autrement les volumes.
Mais ces papiers ne sont pas indispensables pour commencer.
Ils pourront rejoindre votre matĂ©riel plus tard, lorsque vous aurez envie dâexplorer une nouvelle maniĂšre de dessiner.
Avant dâacheter, posez-vous quatre questions
Face Ă plusieurs carnets, les indications techniques peuvent devenir nombreuses.
Pour simplifier votre choix, demandez-vous seulement :
- OĂč vais-je lâutiliser ?
Ă la maison, en cours, dehors, dans les transports ? - Quelle taille me donne envie de dessiner ?
Petit format rassurant ou espace plus grand pour libĂ©rer le geste ? - Quel type de surface est-ce que jâapprĂ©cie ?
Lisse et prĂ©cise ou lĂ©gĂšrement grainĂ©e ? - Quâest-ce que je veux mettre sur ce papier ?
Principalement du crayon ? De la couleur ? Des feutres ? De lâeau ?
Cette derniĂšre question est essentielle.
Car un carnet peut ĂȘtre trĂšs agrĂ©able pour une technique et beaucoup moins adaptĂ© Ă une autre.
Le bon papier nâest pas le plus Ă©pais, le plus cher ou le plus prestigieux. Câest celui qui rĂ©pond Ă ce que vous voulez rĂ©ellement faire dessus.
Et câest justement ce que nous allons regarder maintenant.
Graphite, crayons de couleur, feutres, manga, encre, gouache ou aquarelle : quel papier choisir pour éviter les mauvaises surprises ?
4. đïž Quel papier choisir selon ce que vous voulez dessiner ?
AprÚs avoir parlé de format, de grain et de grammage, une question reste essentielle :
quel papier choisir pour la technique que vous avez rĂ©ellement envie dâutiliser ?
Car un papier peut ĂȘtre excellent pour le graphite et beaucoup moins agrĂ©able avec de lâeau.
Un autre accueillera parfaitement lâaquarelle mais donnera une sensation trop rugueuse pour un dessin trĂšs prĂ©cis.
Et certains feutres demandent mĂȘme un support particulier.
Avant dâacheter un carnet ou un bloc, il est donc utile de partir non pas du produit, mais de cette question toute simple :
Quâest-ce que jâai envie de mettre sur cette page ?
âïž Je veux surtout dessiner au graphite ou au crayon de couleur
Pour le crayon Ă papier, les mines graphite et les crayons de couleur classiques, il nâest gĂ©nĂ©ralement pas nĂ©cessaire de choisir un papier trĂšs Ă©pais.
Un papier de dessin ou de croquis autour de 90 Ă 120 g/mÂČ permet dĂ©jĂ de rĂ©aliser de nombreux exercices :
- constructions légÚres ;
- croquis ;
- hachures ;
- dégradés ;
- ombres et lumiĂšres ;
- recherches de textures ;
- crayons de couleur.
Le grain du papier aura souvent plus dâinfluence sur votre dessin que quelques grammes supplĂ©mentaires.
Un papier assez lisse conviendra bien aux traits précis.
Un papier légÚrement grainé permettra davantage de matiÚre et accrochera particuliÚrement bien les crayons tendres ou les couches successives de couleur.
Pour commencer, inutile donc de chercher un papier trÚs sophistiqué.
Un bon bloc de dessin classique suffit déjà pour apprendre énormément.
Et surtout, il permet dâutiliser des outils que beaucoup de personnes possĂšdent dĂ©jĂ dans une trousse.
đš Je veux mĂ©langer dessin et couleur
Si vous souhaitez utiliser principalement des techniques sĂšches mais ajouter parfois :
- plusieurs couches de crayons de couleur ;
- du pastel ;
- quelques touches de feutre ;
- un peu dâencre ;
- du collage ;
- ou de petites interventions humides,
un papier légÚrement plus épais devient intéressant.
Autour de 150 Ă 200 g/mÂČ, de nombreux papiers destinĂ©s aux techniques mixtes offrent davantage de rĂ©sistance.
Ils permettent dâexplorer sans changer de support Ă chaque nouvelle idĂ©e.
Ce type de papier peut ĂȘtre particuliĂšrement agrĂ©able dans un carnet dâexpĂ©rimentation.
Il ne remplacera pas forcĂ©ment un vĂ©ritable papier aquarelle lorsque vous utiliserez beaucoup dâeau, mais il offre dĂ©jĂ une belle libertĂ©.
đ§ Je veux ajouter de lâeau, de lâencre ou de la gouache
DĂšs que lâon introduit de lâeau, la question du papier devient plus importante.
Un papier trop fin peut :
- gondoler fortement ;
- ramollir ;
- se dĂ©chirer lorsque lâon repasse plusieurs fois au mĂȘme endroit ;
- laisser traverser certaines encres ;
- rendre le travail moins agréable.
Pour lâaquarelle, la gouache ou les techniques utilisant rĂ©ellement de lâeau, un papier autour de 300 g/mÂČ offre gĂ©nĂ©ralement beaucoup plus de confort.
Son Ă©paisseur lui permet de mieux rĂ©sister Ă lâhumiditĂ©.
Il nâest Ă©videmment pas nĂ©cessaire dâacheter immĂ©diatement un grand assortiment de papiers spĂ©cialisĂ©s.
Mais si vous dĂ©couvrez que vous aimez travailler avec lâeau, investir dâabord dans un support adaptĂ© peut changer beaucoup plus de choses que dâacheter davantage de couleurs.
Un mauvais papier peut rendre une technique difficile simplement parce quâil ne lui permet pas de sâexprimer correctement.
đïž Je veux utiliser des feutres
Avec les feutres, le grammage ne suffit pas toujours pour prévoir le comportement du papier.
Une feuille peut sembler relativement Ă©paisse et pourtant laisser apparaĂźtre lâencre au verso.
Avant de remplir une page entiĂšre, prenez donc lâhabitude de rĂ©aliser un petit test :
- dans un coin discret ;
- sur la derniĂšre page du carnet ;
- ou sur une feuille du mĂȘme papier.
Regardez ensuite ce qui se passe au verso.
Lâencre :
- traverse-t-elle complĂštement ?
- reste-t-elle visible par transparence ?
- sâĂ©tale-t-elle autour du trait ?
- sĂšche-t-elle rapidement ?
- modifie-t-elle la surface du papier ?
Ces quelques secondes peuvent éviter de mauvaises surprises.
Et elles rappellent une chose importante :
deux feutres diffĂ©rents peuvent se comporter trĂšs diffĂ©remment sur le mĂȘme papier.
đ€ Je veux dessiner du manga avec des feutres Ă alcool
Les feutres Ă alcool constituent un cas particulier.
Leur encre traverse facilement de nombreux papiers classiques.
Elle peut Ă©galement ĂȘtre absorbĂ©e trĂšs rapidement par un support inadaptĂ©.
Pour cette technique, il existe un papier spécifique, souvent appelé papier Layout ou papier pour marqueurs.
Il est beaucoup plus fin quâun papier aquarelle, ce qui peut sembler surprenant au premier abord.
Mais sa surface est conçue pour recevoir ce type dâencre.
Elle permet notamment :
- de mieux contrĂŽler les aplats ;
- de réaliser plus facilement certaines superpositions ;
- de limiter une absorption inutile de lâencre ;
- dâobtenir un rendu plus propre.
Si vous aimez dessiner des personnages de manga puis les mettre en couleur aux marqueurs Ă alcool, le papier constitue donc lâun des premiers investissements rĂ©ellement utiles.
Utiliser ces feutres sur du papier machine ou un papier de dessin choisi au hasard risque au contraire de donner des rĂ©sultats dĂ©cevants et de consommer davantage dâencre.
Nous reviendrons plus prĂ©cisĂ©ment sur ce matĂ©riel dans lâarticle consacrĂ© au manga.
â ïž Un papier Ă©pais nâest pas automatiquement adaptĂ© Ă tous les outils
Une confusion fréquente consiste à penser :
« Plus le papier est épais, mieux ce sera. »
Ce nâest pas toujours vrai.
Prenons un papier aquarelle.
Il est Ă©pais et rĂ©siste trĂšs bien Ă lâeau.
Mais sa surface souvent absorbante et grainĂ©e nâest pas forcĂ©ment agrĂ©able avec tous les feutres.
Lâencre peut pĂ©nĂ©trer rapidement dans le papier, ce qui augmente sa consommation et rend certains traits moins rĂ©guliers.
Ă lâinverse, le papier Layout utilisĂ© avec les marqueurs Ă alcool est trĂšs fin, mais sa conception le rend particuliĂšrement adaptĂ© Ă cette technique.
Câest pourquoi il vaut mieux retenir cette idĂ©e :
Le grammage indique une caractéristique du papier. Il ne dit pas, à lui seul, à quelle technique celui-ci convient.
Regardez toujours aussi lâusage indiquĂ© par le fabricant :
dessin, croquis, techniques mixtes, aquarelle, marqueurs, pastelâŠ
Ces informations sont souvent plus utiles quâun seul chiffre.
đ Une page-test peut vous apprendre beaucoup
Lorsque vous ouvrez un nouveau carnet, je vous conseille de rĂ©server une page â Ă©ventuellement la derniĂšre â aux essais de matĂ©riel.
Vous pouvez y noter le nom de vos outils et tester :
- différents crayons ;
- plusieurs pressions ;
- vos crayons de couleur ;
- vos feutres ;
- un peu dâeau si le papier le permet ;
- quelques superpositions.
Au fil du temps, cette page devient une sorte de carte dâidentitĂ© de votre carnet.
Vous savez immédiatement :
- ce que son papier accepte bien ;
- ce qui traverse ;
- ce qui accroche ;
- ce qui glisse ;
- les outils avec lesquels vous aimez travailler.
Câest un petit rĂ©flexe trĂšs simple, mais particuliĂšrement utile lorsque lâon commence Ă dĂ©couvrir plusieurs techniques.
đ± Le bon support facilite lâapprentissage
Choisir un papier adapté ne fera évidemment pas le dessin à votre place.
Mais il peut éviter de confondre une difficulté liée au matériel avec une difficulté liée à votre niveau.
Une aquarelle qui gondole Ă©normĂ©ment nâest pas forcĂ©ment le signe que vous utilisez mal lâeau.
Un feutre qui sâĂ©tale nâest pas nĂ©cessairement mal maĂźtrisĂ©.
Un crayon qui semble peu accrocher peut simplement rencontrer une surface qui lui convient moins bien.
Avant de conclure :
« Je nây arrive pas »,
il peut donc ĂȘtre utile de se demander :
« Est-ce que mon support convient rĂ©ellement Ă ce que jâessaie de faire ? »
Cette question évite parfois beaucoup de découragement.
Et elle nous conduit naturellement vers quelque chose de beaucoup plus concret.
Lorsque le doute ne vient pas seulement du matĂ©riel, lâarticle đ Tu penses ne pas savoir dessiner ? vous propose une premiĂšre mĂ©thode trĂšs simple pour retrouver des repĂšres.
Maintenant que nous savons pourquoi choisir un carnet, combien en avoir et comment reconnaßtre le papier adapté, je vais pouvoir vous présenter quelques supports que je conseille réguliÚrement.
Non pas parce quâil faudrait tous les acheter.
Mais parce quâils rĂ©pondent chacun Ă Â un besoin prĂ©cis.
5. đ§âđš Mes conseils de matĂ©riel pour commencer sans trop acheter
AprĂšs toutes ces explications, vous aimeriez peut-ĂȘtre simplement savoir :
« TrĂšs bien⊠mais concrĂštement, quâest-ce que je peux acheter ? »
Au fil des annĂ©es dâenseignement, certains supports sont devenus pour moi des valeurs sĂ»res.
Non pas parce quâils seraient les seuls bons papiers du marchĂ©, ni parce quâil faudrait tous les possĂ©der.
Je les conseille parce quâils rĂ©pondent chacun Ă Â une utilisation prĂ©cise, avec un rapport assez simple entre le besoin, le support et ce que lâon peut rĂ©ellement en faire.
Vous pouvez donc considérer cette sélection comme un point de départ.
Choisissez ce qui correspond Ă votre pratique actuelle. Le reste pourra attendre.
âïž Pour commencer simplement : Canson XL Croquis ou XL Croquis Extra-Blanc
Si vous dĂ©butez, reprenez le dessin ou souhaitez simplement disposer dâun bon support pour travailler rĂ©guliĂšrement, ce sont probablement les blocs vers lesquels je vous orienterais en premier.
đ Le Canson XL Croquis et le Canson XL Croquis Extra-Blanc possĂšdent tous les deux un papier de 90 g/mÂČ destinĂ© notamment au crayon, au pastel et au fusain.
La principale différence immédiatement visible se trouve dans la teinte du papier :
- le XL Croquis est légÚrement ivoire ;
- le XL Croquis Extra-Blanc offre, comme son nom lâindique, un fond beaucoup plus blanc.
Pour qui ?
Je les conseille particuliĂšrement :
- aux débutants ;
- aux adolescents ;
- aux personnes qui reprennent le dessin ;
- pour les exercices ;
- pour apprendre les valeurs, les ombres et la lumiĂšre ;
- pour travailler au graphite ou aux crayons de couleur.
Pourquoi je les conseille ?
Parce quâils permettent de commencer avec les outils les plus simples.
Un crayon à papier se trouve déjà dans presque toutes les trousses.
Quelques crayons de couleur aussi.
Avec cela, vous pouvez déjà apprendre énormément :
observer une forme, construire légÚrement, rechercher une proportion, créer un dégradé, comprendre une ombre ou tester une association de couleurs.
Il nâest donc pas nĂ©cessaire dâattendre de possĂ©der une grande boĂźte de matĂ©riel artistique pour commencer.
A5 ou A4 ?
Le A5 est agréable si vous souhaitez transporter votre carnet facilement et dessiner un peu partout.
Mais pour travailler rĂ©guliĂšrement, jâai une prĂ©fĂ©rence pour le A4.
Il offre suffisamment dâespace pour construire un dessin, travailler les proportions et laisser progressivement le geste prendre davantage de place.
Si le A4 ne vous impressionne pas trop, câest donc souvent celui que je conseillerais comme premier vĂ©ritable format de travail.
Sa limite
Ce papier reste relativement léger.
Il est trĂšs agrĂ©able avec les techniques sĂšches, mais il nâest pas destinĂ© Ă recevoir beaucoup dâeau.
Si vous commencez Ă avoir envie dâaquarelle, de gouache ou de techniques plus humides, mieux vaut changer de support plutĂŽt que demander Ă ce papier de faire ce pour quoi il nâa pas Ă©tĂ© conçu.
đ Pour dessiner beaucoup sans craindre les pages : le ZAP Book A5
Celui-ci occupe une place un peu particuliÚre dans ma sélection.
đ Le ZAP Book A5 de Clairefontaine existe avec un papier recyclĂ© de 80 g/mÂČ et jusquâĂ Â 320 pages. Il est destinĂ© notamment aux croquis rapides et Ă la prise de notes.
Et ce grand nombre de pages produit, à mon sens, un effet trÚs intéressant.
Pour qui ?
Je le trouve particuliÚrement adapté :
- aux personnes qui ont peur de rater ;
- aux adolescents qui ont besoin de beaucoup essayer ;
- au dessin quotidien ;
- aux petits croquis ;
- aux recherches rapides ;
- au carnet que lâon transporte avec soi.
Pourquoi je le conseille ?
Parce que 320 pages changent parfois notre rapport Ă lâerreur.
Lorsque lâon possĂšde un beau carnet contenant peu de pages, on peut avoir tendance Ă vouloir Ă©conomiser chacune dâelles.
Avec un ZAP Book, tourner une page devient beaucoup moins dramatique.
- Un dessin ne fonctionne pas ?
- On recommence.
- Une idée ne mÚne nulle part ?
- On tourne.
- Une page est remplie dâessais ?
TrĂšs bien : il en reste Ă©normĂ©ment dâautres.
Cette abondance peut aider Ă retrouver quelque chose de fondamental dans lâapprentissage :
le droit dâessayer sans devoir rĂ©ussir Ă chaque fois.
Son volume lui donne Ă©galement un appui que je trouve pratique lorsquâon dessine ailleurs que sur une vĂ©ritable table.
Sa limite
Son papier de 80 g/mÂČ est avant tout un papier de croquis.
Je ne le choisirais donc pas comme carnet destinĂ© Ă lâeau ou aux techniques qui sollicitent fortement le support.
Son intĂ©rĂȘt est ailleurs :
dessiner beaucoup, souvent et sans rendre chaque page précieuse.
đ Pour travailler le dessin avec davantage dâespace : le Canson XL Croquis A4
Vous allez peut-ĂȘtre vous demander pourquoi je le cite Ă nouveau.
Parce que son usage nâest pas tout Ă fait le mĂȘme selon le format.
Le A5 accompagne facilement le quotidien.
Le A4, lui, devient davantage un véritable espace de travail.
Pour qui ?
Je le conseille pour :
- apprendre les bases du dessin ;
- travailler les proportions ;
- construire un objet ou un visage ;
- pratiquer le dessin dâobservation ;
- étudier les ombres et la lumiÚre ;
- réaliser des exercices plus développés.
Canson prĂ©sente dâailleurs cette gamme comme destinĂ©e aux Ă©tudiants en beaux-arts rĂ©alisant beaucoup dâesquisses.
Mais il nâest Ă©videmment pas nĂ©cessaire dâĂȘtre Ă©tudiant en Ă©cole dâart pour lâutiliser.
Pourquoi je lâaime pour apprendre ?
Parce que le format A4 offre un compromis trÚs intéressant.
- Il nâest pas gigantesque.
- Mais il oblige déjà à quitter un peu le minuscule dessin réalisé uniquement du bout des doigts.
- On peut construire davantage.
- Comparer les proportions.
- Prendre du recul.
Et commencer progressivement Ă utiliser plus librement le poignet et le bras.
Pour apprendre le dessin proprement dit, câest probablement le format que je choisirais en prioritĂ©.
đ§ Pour dĂ©couvrir lâeau, la gouache et les techniques humides : Canson XL Aquarelle 300 g/mÂČ
Lorsque lâenvie dâajouter de lâeau apparaĂźt, je prĂ©fĂšre changer franchement de papier.
đ Le Canson XL Aquarelle possĂšde un papier Ă grain fin de 300 g/mÂČ, spĂ©cifiquement conçu pour les techniques humides. Canson le propose notamment pour lâaquarelle, et la gamme en carnet convient Ă©galement Ă la gouache.
Pour qui ?
Je le conseille lorsquâon commence Ă vouloir expĂ©rimenter :
- lâaquarelle ;
- la gouache ;
- certains lavis ;
- les encres utilisĂ©es avec de lâeau ;
- les mélanges entre dessin et techniques humides.
Pourquoi je le conseille ?
Parce que passer Ă un papier rĂ©ellement adaptĂ© Ă lâeau permet souvent de comprendre que certaines difficultĂ©s ne venaient pas de la personne⊠mais simplement du support.
- Le papier résiste mieux.
- On peut observer les pigments.
- Faire des essais.
- Revenir avec un pinceau.
- Tester diffĂ©rents degrĂ©s dâhumiditĂ©.
Et surtout découvrir une technique dans de meilleures conditions.
Le format A4 reste, là encore, celui que je trouve le plus polyvalent pour apprendre et expérimenter.
Sa limite
Un papier aquarelle ne devient pas pour autant le meilleur support pour tout.
Son Ă©paisseur et son grain sont prĂ©cieux avec lâeau, mais inutiles pour beaucoup de simples croquis.
Acheter ce bloc nâa donc de sens que lorsque lâenvie dâintroduire de lâeau est rĂ©ellement apparue.
đïž Pour le manga et les marqueurs Ă alcool : Canson XL Marqueur Layout
Voici un trĂšs bon exemple de matĂ©riel que je ne conseillerais pas Ă tout le mondeâŠ
mais que je conseillerais trĂšs rapidement Ă quelquâun qui souhaite travailler avec des marqueurs Ă alcool.
đ Le Canson XL Marqueur Layout est un papier trĂšs lisse de 70 g/mÂČ. MalgrĂ© son faible grammage, il possĂšde une barriĂšre conçue pour empĂȘcher la pĂ©nĂ©tration des encres et convient notamment aux marqueurs Ă alcool ou Ă solvant.
Câest un excellent rappel de ce que nous avons vu prĂ©cĂ©demment :
un papier plus Ă©pais nâest pas forcĂ©ment un papier plus adaptĂ©.
Pour qui ?
Je le conseille notamment :
- aux personnes qui dessinent du manga ;
- Ă lâillustration aux marqueurs ;
- aux étudiants qui commencent à utiliser des feutres à alcool ;
- Ă ceux qui souhaitent travailler des aplats et superposer leurs couleurs.
Pourquoi je le conseille ?
Parce quâutiliser de bons marqueurs sur un papier inadaptĂ© peut ĂȘtre extrĂȘmement frustrant.
- Le papier absorbe rapidement lâencre.
- Les couleurs deviennent difficiles Ă travailler.
- Les feutres se vident inutilement plus vite.
- Et lâon peut finir par penser que lâon maĂźtrise mal la technique.
Sur un papier Layout adaptĂ©, lâencre reste davantage en surface, ce qui facilite les aplats et limite sa consommation. Canson recommande dâailleurs ce type de papier pour les marqueurs et cite Ă©galement son utilisation en illustration et en manga.
Si vous investissez dans des marqueurs Ă alcool, investir Ă©galement dans le bon papier est donc loin dâĂȘtre un dĂ©tail.
Ă mon sens, câest mĂȘme lâune des prioritĂ©s.
Sa limite
Le Layout est un papier spécialisé.
Je ne lâachĂšterais pas pour dessiner simplement au graphite, ni pour remplacer un carnet de dessin classique.
Il prend tout son sens parce quâil rĂ©pond Ă une technique prĂ©cise.
đż Alors, faut-il acheter ces cinq supports ?
Non.
Et câest probablement le conseil le plus important de cette partie.
Si vous débutez simplement au crayon :
đ un bloc de croquis peut suffire.
Si vous aimez dessiner partout :
đ ajoutez Ă©ventuellement un petit carnet nomade.
Si vous commencez lâaquarelle ou les encres :
đ choisissez alors un papier adaptĂ© Ă lâeau.
Et si vous vous passionnez pour le manga aux marqueurs :
đ le Layout deviendra beaucoup plus pertinent quâun nouveau coffret de crayons que vous nâutiliserez peut-ĂȘtre jamais.
Le meilleur matĂ©riel nâest pas celui que lâon possĂšde âau cas oĂčâ.
Câest celui qui arrive au moment oĂč la pratique en a besoin.
Cette maniĂšre dâacheter prĂ©sente dâailleurs un autre avantage :
vous apprenez progressivement Ă connaĂźtre vos outils.
- Pourquoi ce papier vous plaĂźt.
- Pourquoi tel grain vous gĂȘne.
- Pourquoi vous préférez un A4 à un A5.
- Pourquoi vous revenez toujours vers certains supports alors que dâautres restent dans un tiroir.
Et peu Ă peu, vous ne cherchez plus simplement Ă savoir :
« Quel est le meilleur matériel de dessin ? »
Vous commencez à pouvoir répondre à une question beaucoup plus intéressante :
« Quel matériel convient à ma maniÚre de dessiner ? »
6. đ Un bon carnet nâest pas forcĂ©ment un carnet cher
AprĂšs avoir comparĂ© les formats, les papiers et quelques supports que je conseille, une derniĂšre idĂ©e mĂ©rite dâĂȘtre gardĂ©e en tĂȘte :
le prix dâun carnet ne dit pas sâil sera le bon carnet pour vous.
Bien sĂ»r, un prix plus Ă©levĂ© peut parfois sâexpliquer par :
- la qualité ou la fabrication du papier ;
- la solidité de la reliure ;
- le nombre de pages ;
- une conception particuliĂšre ;
- ou simplement une marque reconnue.
Ces éléments peuvent avoir leur importance.
Mais un carnet coĂ»teux peut aussi ĂȘtre trop petit, trop lisse, trop prĂ©cieux ou tout simplement inadaptĂ© Ă la technique que vous souhaitez utiliser.
Ă lâinverse, un carnet trĂšs simple peut devenir celui auquel vous tenez le plus parce quâil vous a accompagnĂ© partout.
- Il contient vos premiers essais.
- Des pages rĂ©ussies et dâautres beaucoup moins.
- Des recherches.
- Des erreurs.
- Des idées rapidement notées.
- Des dessins commencés puis oubliés.
Et peut-ĂȘtre quelques pages que vous nâauriez jamais imaginĂ© ĂȘtre capable de rĂ©aliser lorsque vous lâavez ouvert pour la premiĂšre fois.
La valeur crĂ©ative dâun carnet ne se mesure pas seulement Ă son prix, mais Ă ce que vous osez faire avec ses pages.
Le carnet trop prĂ©cieux peut parfois empĂȘcher de dessiner
Cela peut sembler paradoxal.
Un trĂšs beau carnet peut donner Ă©normĂ©ment envie de crĂ©erâŠ
jusquâau moment oĂč il faut poser le premier trait.
Le papier semble trop beau.
La couverture trop parfaite.
Et une petite pensée apparaßt :
« Je vais attendre dâavoir une bonne idĂ©e. »
Puis :
« Je commencerai lorsque je dessinerai mieux. »
Et le carnet reste fermé.
Si cette peur de commencer vous est familiĂšre, vous pouvez aussi dĂ©couvrir đ Blocage crĂ©atif en dessin : 5 astuces simples.
Pour apprendre, un support lĂ©gĂšrement moins intimidant peut parfois ĂȘtre beaucoup plus prĂ©cieux.
Parce quâon ose :
- essayer ;
- rater ;
- recommencer ;
- tourner la page ;
- annoter ;
- comparer ;
- revenir sur un ancien dessin.
Un carnet utilisĂ© sera toujours plus formateur quâun carnet parfait restĂ© vide.
Ne payez pas pour des possibilitĂ©s que vous nâutiliserez pas
Lorsquâun produit promet de convenir Ă de nombreuses techniques, il peut ĂȘtre tentant de penser :
« Au moins, je serai tranquille, je pourrai tout faire avec. »
Mais cette polyvalence nâest pas toujours nĂ©cessaire.
Si vous dessinez essentiellement au graphite et aux crayons de couleur, vous nâavez pas besoin de payer davantage pour un papier conçu pour recevoir beaucoup dâeau.
Si vous rĂ©alisez principalement de petits croquis lors de vos dĂ©placements, un carnet lourd et Ă©pais risque mĂȘme de rester Ă la maison.
Si vous commencez seulement le dessin, certaines qualitĂ©s trĂšs spĂ©cifiques du papier ne vous apporteront peut-ĂȘtre encore rien.
Cela ne signifie pas quâun matĂ©riel plus spĂ©cialisĂ© est inutile.
Simplement quâil devient intĂ©ressant au moment oĂč votre pratique commence rĂ©ellement Ă en avoir besoin.
Votre matériel peut évoluer avec vous
Le carnet qui vous convient aujourdâhui ne sera peut-ĂȘtre plus celui que vous choisirez dans un an.
Et câest plutĂŽt une bonne nouvelle.
Vous pourrez découvrir :
- quâun format plus grand libĂšre votre geste ;
- quâun papier lĂ©gĂšrement grainĂ© donne davantage de caractĂšre Ă vos ombres ;
- que vous préférez finalement les pages trÚs blanches ;
- que lâeau prend de plus en plus de place dans vos recherches ;
- que le manga vous donne envie dâexplorer les marqueurs ;
- ou quâun petit carnet nomade devient indispensable pour noter vos idĂ©es.
Votre matériel évoluera parce que votre pratique évolue.
Vous nâavez donc pas besoin dâanticiper toutes vos futures envies lors de votre premier achat.
Choisissez ce qui correspond Ă ce que vous avez envie dâexplorer maintenant.
Puis utilisez-le.
Observez ce qui vous plaĂźt.
Repérez ce qui vous manque.
Votre prochain achat deviendra alors beaucoup plus facile Ă choisir.
Acheter moins peut aussi permettre de mieux connaßtre son matériel
PossĂ©der beaucoup dâoutils offre Ă©videmment de nombreuses possibilitĂ©s.
Mais lorsque lâon dĂ©bute, une petite sĂ©lection peut avoir un avantage :
elle oblige à découvrir réellement ce que chaque outil sait faire.
Avec le mĂȘme carnet et quelques crayons, vous apprenez progressivement :
- jusquâoĂč le papier accepte les superpositions ;
- comment il réagit lorsque vous appuyez davantage ;
- quelles gommes fonctionnent bien dessus ;
- quelles couleurs vous aimez associer ;
- quels gestes vous sont naturels.
Ă force de changer sans cesse de matĂ©riel, il peut ĂȘtre plus difficile de savoir ce qui vient de lâoutil et ce qui vient de votre maniĂšre de lâutiliser.
Il nâest donc pas nĂ©cessaire de possĂ©der beaucoup pour commencer Ă dĂ©velopper une vĂ©ritable expĂ©rience.
Le meilleur achat est parfois celui que lâon reporte
Avant dâajouter un nouveau carnet Ă votre panier, une question peut suffire :
Quâest-ce que celui que je possĂšde dĂ©jĂ mâempĂȘche rĂ©ellement de faire ?
Sâil ne vous empĂȘche de rienâŠ
vous nâavez peut-ĂȘtre pas encore besoin dâen acheter un autre.
Mais si vous pouvez répondre précisément :
« Jâaimerais utiliser de lâeau et mon papier gondole. »
ou :
« Mes marqueurs traversent toutes les pages. »
ou encore :
« Jâai besoin dâun format plus grand pour travailler mes proportions. »
alors vous savez pourquoi vous cherchez un nouveau support.
Le besoin est devenu concret.
Et câest sans doute la meilleure maniĂšre de choisir son matĂ©riel : non pas en accumulant des possibilitĂ©s, mais en laissant la pratique faire apparaĂźtre progressivement celles dont on a rĂ©ellement besoin.
Choisissez donc dâabord un carnet que vous aurez envie dâouvrir.
Vous apprendrez, page aprĂšs page, ce que son papier permetâŠ
et un jour, peut-ĂȘtre, ce que votre prochain carnet devra vous offrir.
đ Bonus : la fiche pour choisir son carnet sans se tromper
Devant un rayon de carnets, il est facile de se perdre entre les formats, les grammages, les grains et les mentions techniques.
Pour simplifier votre choix, vérifiez simplement six points.
đ 1. Le format
A5
Petit, léger et facile à transporter. Idéal pour les croquis du quotidien et le dessin nomade.
A4
Polyvalent et confortable. Un trÚs bon format pour apprendre, observer et réaliser des exercices.
A3
Plus encombrant, mais intéressant pour libérer le geste et travailler plus grand.
đ 2. La reliure
Spirales
Pratiques pour les exercices et pour replier complĂštement les pages.
Carnet relié
Agréable pour conserver un ensemble, un projet ou un carnet de voyage.
Pages détachables
Utiles lorsque lâon souhaite sortir facilement un dessin du bloc.
â 3. Le grain du papier
Papier plutĂŽt lisse
Pour les lignes précises, les détails et les hachures fines.
Papier légÚrement grainé
Pour les ombres, les valeurs, les textures et les crayons plus tendres.
âïž 4. Le grammage
Comme premier repĂšre :
90 Ă 120 g/mÂČ
â croquis, graphite, crayons de couleur et techniques sĂšches.
150 Ă 200 g/mÂČ environ
â davantage de polyvalence et certaines techniques mixtes.
300 g/mÂČ environ
â aquarelle, gouache et techniques utilisant davantage dâeau.
Mais souvenez-vous :
un grammage Ă©levĂ© ne signifie pas automatiquement quâun papier conviendra mieux Ă toutes les techniques.
đš 5. Ce que vous allez rĂ©ellement mettre dessus
Avant dâacheter, demandez-vous :
Je veux surtout utiliser quoi ?
- âïž graphite ou crayons de couleur ;
- đïž feutres ;
- đ€ marqueurs Ă alcool ;
- đ§ aquarelle, encre ou gouache ;
- âïž collage et techniques mixtes.
Puis regardez lâusage indiquĂ© sur le bloc :
croquis, dessin, techniques mixtes, aquarelle, marqueursâŠ
Cette petite indication peut éviter beaucoup de mauvaises surprises.
đ¶ 6. En ai-je rĂ©ellement besoin maintenant ?
Câest peut-ĂȘtre la question la plus importante.
Avant dâajouter un nouveau carnet Ă votre panier, demandez-vous :
Quâest-ce que mon carnet actuel mâempĂȘche rĂ©ellement de faire ?
Sâil ne vous empĂȘche encore de rien, continuez Ă lâutiliser.
Sâil gondole lorsque vous ajoutez de lâeau, si vos marqueurs traversent les pages ou si son format limite votre geste, alors votre besoin devient prĂ©cis.
Et votre prochain achat aura beaucoup plus de chances dâĂȘtre utile.
đż La rĂšgle Atelier Mucyol
Si vous ne devez retenir quâune chose de cette fiche :
ne cherchez pas le carnet capable de tout faire.
Cherchez celui qui correspond Ă Â ce que vous avez envie dâexplorer aujourdâhui et commencez…
Votre matériel pourra évoluer ensuite, page aprÚs page, avec votre pratique.
â FAQ : carnet et matĂ©riel de dessin
Quel carnet de dessin choisir pour débuter ?
Pour commencer, un carnet ou un bloc de dessin simple suffit.
Un papier autour de 90 g/mÂČ convient dĂ©jĂ trĂšs bien au graphite, aux crayons de couleur et aux premiers exercices.
Le format A4 est particuliÚrement polyvalent pour apprendre et travailler confortablement. Le A5 sera plus pratique si vous souhaitez emporter votre carnet partout.
Lâessentiel nâest pas de choisir immĂ©diatement le meilleur carnet possible, mais un support que vous aurez rĂ©ellement envie dâutiliser.
Faut-il plusieurs carnets pour progresser en dessin ?
Non.
Un seul carnet peut parfaitement accueillir vos premiers croquis, exercices, recherches et essais de couleurs.
Plus tard, un deuxiĂšme support peut devenir utile si vous commencez Ă utiliser une technique nĂ©cessitant un papier diffĂ©rent, comme lâaquarelle ou les marqueurs Ă alcool.
Les carnets supplémentaires doivent répondre à un besoin, pas devenir une obligation.
Quel grammage choisir pour dessiner ?
Comme premier repĂšre :
- 90 Ă 120 g/mÂČpour le graphite, les crayons de couleur et les techniques sĂšches ;
- 150 Ă 200 g/mÂČ environ pour davantage de polyvalence et certaines techniques mixtes ;
- 300 g/mÂČ environpour lâaquarelle, la gouache et les techniques utilisant davantage dâeau.
Mais le grammage ne suffit pas Ă lui seul.
Le grain, la composition du papier et lâusage indiquĂ© par le fabricant sont Ă©galement importants.
A4 ou A5 pour apprendre le dessin ?
Les deux formats peuvent ĂȘtre intĂ©ressants, mais ils ne rĂ©pondent pas exactement au mĂȘme besoin.
Le A5 est facile à transporter et encourage les petits croquis réguliers.
Le A4 offre davantage dâespace pour construire un dessin, travailler les proportions, les valeurs et commencer Ă libĂ©rer le geste.
Pour une pratique principale dâapprentissage, je conseille gĂ©nĂ©ralement le A4, Ă©ventuellement complĂ©tĂ© plus tard par un petit carnet A5 nomade.
Quel papier utiliser avec des feutres ?
Cela dépend du type de feutres.
Avec des feutres classiques, rĂ©alisez toujours un petit test afin de vĂ©rifier si lâencre traverse ou sâĂ©tale sur le papier.
â ïž Pour les marqueurs Ă alcool, un papier spĂ©cifique de type Layout est beaucoup plus adaptĂ©.
Son faible grammage peut surprendre, mais sa surface est justement conçue pour mieux contrĂŽler lâencre et Ă©viter quâelle ne soit absorbĂ©e inutilement par le papier.
Quel carnet utiliser pour prĂ©parer une Ă©cole dâart ?
Il nâexiste pas de carnet obligatoire pour entrer en Ă©cole dâart.
Un carnet peut cependant devenir un support trÚs intéressant pour conserver :
- des recherches ;
- des croquis ;
- des expérimentations ;
- des essais de techniques ;
- des observations ;
- des idées ;
- et lâĂ©volution progressive dâun projet.
Ce qui devient intĂ©ressant nâest donc pas seulement la qualitĂ© des dessins, mais ce que les pages permettent de comprendre de votre curiositĂ© et de votre cheminement.
Un carnet utilisĂ© rĂ©guliĂšrement peut ainsi devenir bien plus quâun simple support de dessin :
il peut conserver les traces dâune dĂ©marche qui se construit.
đ Si vous commencez Ă rĂ©flĂ©chir Ă votre dossier, vous pouvez poursuivre avec đ Comment prĂ©parer un portfolio artistique ? oĂč je vous explique comment rassembler, sĂ©lectionner et organiser progressivement vos travaux.
đż Et maintenant, ouvrez une page
Sâil ne fallait retenir quâune idĂ©e de cet article, ce serait peut-ĂȘtre celle-ci :
vous nâavez pas besoin de prĂ©voir tout votre futur matĂ©riel de dessin avant de commencer.
Choisissez un carnet adaptĂ© Ă ce que vous avez envie dâexplorer aujourdâhui, utilisez-le, essayez, observez ce qui vous plaĂźt⊠et laissez votre pratique vous montrer progressivement ce dont elle aura besoin ensuite.
Car avant le matériel, il y a toujours une premiÚre page.
Et maintenant que nous avons choisi celle qui accueillera nos recherches, nous pouvons enfin nous intéresser au premier outil qui y laissera une trace.
âïž Ă suivre :Â Du trait Ă lâombre : quels crayons choisir pour dessiner ?
âïž Atelier Mucyol
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Mucyol đš
