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Et si votre matériel de dessin commençait par un carnet ?

Lorsque l’on décide de commencer ou de reprendre le dessin, une question arrive souvent très vite :

Quel matériel faut-il acheter ?

Face aux rayons remplis de crayons, de feutres, de papiers et de coffrets colorés, il est facile de se sentir perdu.

Faut-il choisir un crayon HB ou un 6B ?
Un papier lisse ou à grain ?
Des crayons classiques ou aquarellables ?
Peut-on utiliser de la peinture dans un carnet ?
Et faut-il vraiment posséder tout ce matériel pour progresser ?

La réponse est plutôt rassurante :

Vous n’avez pas besoin de tout acheter pour commencer.

Quelques outils bien choisis suffisent déjà pour explorer le dessin, à condition de comprendre ce qu’ils permettent et de les choisir en fonction de ce que vous avez réellement envie d’essayer.

Et avant même de parler de crayons, de couleur ou de peinture, il y a un support auquel on pense parfois trop tard :

le carnet.

Un carnet peut devenir un espace d’essais, de recherches, de petites découvertes et de progrès visibles au fil des pages.

Il permet aussi de rassembler ce qui, autrement, finirait facilement dispersé sur quelques feuilles.

C’est pourquoi, dans ce premier article consacré au matériel de dessin, nous allons commencer par lui.

Pas pour chercher le carnet parfait.

Mais pour comprendre quel support peut réellement vous accompagner aujourd’hui, selon votre pratique, vos envies et votre manière de dessiner.

1. 📒 Pourquoi commencer son matériel de dessin par un carnet ?

Lorsque l’on pense au matériel de dessin, on imagine facilement une trousse bien remplie, des crayons de différentes duretés, des feutres, une boîte de couleurs ou quelques pinceaux.

Pourtant, avant même de choisir tous ces outils, il existe un support beaucoup plus simple qui peut leur donner du sens :

le carnet dans lequel vous allez les essayer.

Un crayon posé dans une boîte reste un crayon.

Dans un carnet, il devient une ligne, une ombre, une texture, une idée ou le début d’un dessin.

Le carnet est finalement l’endroit où le matériel commence véritablement à vivre.

Un espace pour essayer sans devoir réussir

Une feuille isolée peut parfois impressionner.

Elle semble attendre un dessin propre, terminé, suffisamment réussi pour mériter d’être conservé.

Le carnet offre une autre sensation.

Les pages se suivent. Certaines seront très remplies, d’autres presque vides. Un dessin pourra être interrompu, repris quelques jours plus tard, recouvert, annoté ou simplement abandonné.

Et ce n’est pas grave.

Cette continuité aide justement à relativiser ce qui se passe sur une seule page.

Un essai qui ne vous satisfait pas ne condamne pas le carnet entier. Il devient simplement une étape parmi d’autres.

Vous pouvez y tester :

  • la pression d’un crayon ;
  • plusieurs façons de tracer une ligne ;
  • un petit dégradé ;
  • une ombre observée sur un objet ;
  • une texture ;
  • quelques associations de couleurs ;
  • une idée rapidement notée avant de l’oublier.

Le carnet ne demande pas que chaque page soit réussie.

Il donne surtout la possibilité de continuer.

Et lorsque l’on apprend ou que l’on reprend le dessin, cette page suivante est précieuse.

Un rendez-vous avec sa pratique

Le carnet peut aussi rendre le dessin beaucoup plus facile à intégrer dans le quotidien.

Il n’a pas besoin d’être sorti uniquement pour une longue séance de travail.

Il peut rester posé près d’un fauteuil, ouvert sur un coin de table ou glissé dans un sac. On peut y revenir pendant cinq ou dix minutes lorsque quelque chose attire le regard.

  • Une plante.
  • Une tasse.
  • Une main.
  • Une ombre sur un mur.
  • Une photographie que l’on aime.

Quelques traits suffisent.

Cette simplicité est particulièrement précieuse lorsque l’on manque de temps, que l’on reprend après une pause ou que l’on ne sait pas encore très bien ce que l’on souhaite dessiner.

Et si vous souhaitez comprendre pourquoi cette observation change profondément votre manière de dessiner, découvrez aussi 👉 Pourquoi apprendre à observer change votre dessin.

Ouvrir son carnet devient alors une manière de retrouver régulièrement le chemin vers le dessin.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une grande idée.

On regarde.

On essaie.

Et parfois, l’envie arrive simplement parce que l’on a commencé.

Le carnet rassemble ce que les feuilles dispersent

Les feuilles volantes restent très utiles, notamment pour travailler en grand format.

Mais elles ont aussi une fâcheuse tendance à se mélanger, à disparaître dans une pochette ou à rester empilées sans que l’on prenne le temps de les revoir.

Le carnet conserve les essais dans leur ordre.

Quelques semaines ou quelques mois plus tard, vous pouvez y retrouver :

  • le premier test d’un nouveau crayon ;
  • une couleur que vous aviez particulièrement aimée ;
  • une idée laissée de côté ;
  • un dessin que vous croyiez raté et que vous regardez désormais autrement ;
  • une technique que vous avez envie d’approfondir.

En tournant les pages, on découvre parfois des évolutions qui étaient presque invisibles au quotidien.

  • Le trait est devenu plus assuré.
  • Les ombres sont plus nuancées.
  • Les formes prennent davantage de place.

Certaines couleurs ou certains sujets reviennent régulièrement.

Le carnet rend visibles les petits changements que l’on ne remarque pas toujours pendant que l’on dessine.

Pour un adolescent qui envisage plus tard une école d’art, ces pages peuvent également devenir intéressantes.

Elles ne garantissent évidemment aucune admission.

Mais elles peuvent garder les traces d’une curiosité, d’essais successifs, de recherches et d’un cheminement que l’on sera peut-être un jour capable de présenter et d’expliquer.

Le matériel trouve sa place au fil des besoins

Commencer par un carnet permet aussi d’éviter une erreur fréquente :

acheter beaucoup de matériel avant de savoir ce que l’on aime réellement utiliser.

Une personne peut être attirée par une grande boîte de feutres, puis découvrir qu’elle préfère finalement les nuances du graphite.

Une autre commencera avec un simple crayon à papier et ressentira rapidement le besoin d’introduire de la couleur.

Une troisième prendra plaisir aux traits très fins, aux hachures ou au dessin au feutre pigmenté.

Il n’existe pas une trousse idéale qui conviendrait à tout le monde.

Le carnet permet justement de faire apparaître les besoins progressivement.

Vous pourrez constater, par exemple :

  • que votre crayon HB ne permet pas d’obtenir les noirs profonds que vous recherchez ;
  • que vous aimeriez éclaircir certaines zones sans tout effacer ;
  • que votre papier gondole lorsque vous ajoutez de l’eau ;
  • que vos feutres traversent les pages ;
  • ou que votre petit format limite les gestes que vous aimeriez essayer.

À ce moment-là, acheter un nouvel outil prend tout son sens.

Il ne répond plus seulement à l’envie d’avoir davantage de matériel.

Il vient résoudre une difficulté précise ou ouvrir une possibilité que vous avez déjà commencé à explorer.

Le matériel devient alors une réponse, et non une accumulation.

Il n’est pas nécessaire de commencer avec un beau carnet

Un carnet très coûteux peut parfois produire exactement l’effet inverse de celui recherché.

On hésite à tracer la première ligne.

On craint de gâcher le papier.

On attend une meilleure idée, un meilleur moment… ou d’avoir suffisamment progressé pour être « à la hauteur » du carnet.

Pour commencer, le support le plus utile est souvent celui que vous osez réellement utiliser.

Il peut être simple.

Il peut déjà comporter quelques pages remplies.

Il peut même s’agir, dans un premier temps, de quelques feuilles regroupées dans une pochette ou maintenues ensemble par une pince.

La qualité du papier deviendra importante lorsque nous aborderons certaines techniques.

Mais pour regarder, tracer et réaliser vos premiers essais, vous n’avez pas besoin de posséder immédiatement le carnet parfait.

Commencez avec ce que vous possédez déjà

Avant de réfléchir à tout ce qu’il faudrait acheter, regardez ce qui se trouve déjà autour de vous.

Pour une première expérience, vous pouvez simplement rassembler :

  • un carnet ou quelques feuilles ;
  • un crayon à papier ;
  • une gomme ;
  • un taille-crayon ;
  • éventuellement quelques couleurs.

Puis ouvrez une page.

Avec le même crayon, tracez plusieurs lignes en faisant varier :

  • la pression ;
  • la vitesse ;
  • l’inclinaison de la pointe ;
  • la longueur des traits ;
  • leur rapprochement.

Vous constaterez qu’un seul outil permet déjà d’obtenir des résultats très différents.

Cette première page n’a pas besoin d’être belle.

Elle marque simplement le début d’une exploration.

Votre matériel de dessin ne commence donc pas forcément par une grande trousse.

Il commence peut-être par un carnet suffisamment accueillant pour recevoir vos premières traces.

Reste maintenant à savoir si un seul carnet suffit… ou si plusieurs supports peuvent parfois accompagner des envies différentes.

Carnet à spirale ouvert sur des recherches au crayon représentant un chat et des exercices de volumes, accompagné d’un crayon et de gommes.

2. 📚 Un, deux ou trois carnets : choisir selon sa manière de dessiner

Lorsque l’on commence à dessiner, on peut être tenté de chercher le carnet idéal.

Celui qui accueillerait aussi bien :

  • les croquis au crayon ;
  • les crayons de couleur ;
  • les feutres ;
  • l’encre ;
  • l’aquarelle ;
  • la peinture ;
  • et toutes les techniques que l’on découvrira peut-être plus tard.

Ce carnet parfaitement universel existe rarement.

Chaque papier possède une texture, une épaisseur et une capacité d’absorption particulières. Un support très agréable pour le graphite ne réagira pas forcément bien avec beaucoup d’eau. À l’inverse, un papier épais destiné aux techniques humides peut sembler moins agréable pour multiplier de petits croquis rapides.

Mais il y a une bonne nouvelle :

vous n’avez pas besoin de prévoir toute votre future pratique dès aujourd’hui.

Un seul carnet peut parfaitement suffire pour commencer.

Les suivants viendront éventuellement plus tard, lorsqu’une envie ou une technique demandera réellement un autre support.

Le carnet principal : celui que vous ouvrirez régulièrement

Votre premier carnet doit avant tout être facile à utiliser.

Il peut rester près de vous, être posé sur un coin de table ou glissé dans un sac sans devenir un objet tellement précieux que vous n’osez plus y dessiner.

Il pourra accueillir :

  • des croquis rapides ;
  • des exercices ;
  • des observations du quotidien ;
  • des essais de traits ;
  • des recherches de formes ;
  • quelques notes ;
  • des tests de crayons ou de couleurs.

Il n’a pas besoin d’être spécialisé.

Son premier rôle est simplement de vous permettre de dessiner régulièrement.

Avant de choisir, une question toute simple peut déjà vous aider :

Où ai-je le plus de chances d’ouvrir réellement ce carnet ?

Un magnifique carnet qui reste rangé dans un placard sera toujours moins utile qu’un support beaucoup plus simple utilisé plusieurs fois par semaine.

Le carnet nomade : garder une trace de ce qui attire votre regard

Certaines personnes aiment avoir un petit carnet qu’elles peuvent emmener facilement avec elles.

Il peut être ouvert :

  • pendant une promenade ;
  • dans les transports ;
  • dans une salle d’attente ;
  • au café ;
  • pendant un voyage ;
  • ou simplement lorsqu’un détail du quotidien attire soudainement l’attention.

Il ne s’agit pas forcément d’y réaliser des dessins aboutis.

Quelques secondes peuvent parfois suffire pour noter :

  • la silhouette d’un arbre ;
  • une position de main ;
  • la forme particulière d’une chaise ;
  • une association de couleurs ;
  • une idée de personnage ;
  • la composition d’une image ;
  • quelques mots liés à une sensation.

Peu à peu, ce carnet devient une réserve de regards.

Il conserve ce qui aurait autrement été oublié.

Une petite forme, une couleur rapidement notée ou un dessin de trente secondes peuvent devenir, quelques jours ou quelques mois plus tard, le point de départ d’une nouvelle recherche.

Le carnet nomade ne cherche pas à conserver uniquement de beaux dessins. Il protège les petites étincelles avant qu’elles ne disparaissent.

Le carnet d’entraînement : répéter pour mieux comprendre

Un autre support peut être consacré aux exercices et aux recherches plus régulières.

On peut y travailler :

  • les lignes ;
  • les cercles ;
  • les dégradés ;
  • les constructions ;
  • les proportions ;
  • les ombres et la lumière ;
  • plusieurs versions d’un même sujet.

Le mot entraînement peut parfois sembler un peu austère.

Pourtant, en dessin, s’entraîner ne signifie pas forcément remplir mécaniquement des pages avec le même exercice.

On peut revenir plusieurs fois sur un sujet en changeant simplement la manière de l’aborder.

Essayez par exemple de dessiner le même objet :

  • en deux minutes ;
  • uniquement avec des lignes droites ;
  • en regardant surtout les ombres ;
  • sans lever le crayon ;
  • en très petit ;
  • puis beaucoup plus grand.

Le sujet reste identique.

Mais chaque essai oblige le regard et la main à chercher une autre solution.

S’entraîner ne signifie donc pas toujours refaire la même chose. Cela peut aussi consister à chercher plusieurs chemins.

Ce type de carnet est particulièrement intéressant lorsque l’on souhaite progresser sans donner trop d’importance au résultat de chaque page.

  • On tourne.
  • On recommence.
  • On compare.

Et peu à peu, certaines difficultés deviennent plus compréhensibles.

Le carnet d’expérimentation : accueillir la couleur et la matière

À mesure que la pratique évolue, une autre envie peut apparaître :

et si j’ajoutais de la couleur, de l’eau, de l’encre ou un peu de peinture ?

C’est souvent à ce moment-là qu’un deuxième support devient réellement utile.

Avec un papier plus adapté, on peut commencer à explorer :

  • les crayons aquarellables ;
  • l’encre ;
  • la gouache ;
  • les mélanges de couleurs ;
  • les pastels gras ;
  • le collage ;
  • certaines techniques mixtes.

Ce carnet n’a pas besoin de remplacer tous les papiers spécialisés.

Son rôle est différent.

Il permet de tester, combiner et découvrir.

On peut y poser une couleur puis dessiner par-dessus.

Ajouter un morceau de papier.

Recouvrir partiellement une ancienne page.

Observer ce qui se produit lorsque deux matières se rencontrent.

Et parfois obtenir un résultat que l’on n’avait absolument pas prévu.

C’est précisément ce qui rend ce carnet intéressant.

Le carnet d’expérimentation n’est pas l’endroit où l’on connaît déjà le résultat. C’est l’endroit où l’on accepte de le découvrir.

Un carnet par technique… ou simplement par envie ?

Il n’est pas obligatoire d’organiser ses carnets de manière très rigoureuse.

Certaines personnes aiment avoir :

  • un carnet pour le graphite ;
  • un carnet pour la couleur ;
  • un carnet pour l’aquarelle.

Cette organisation peut être pratique lorsque les papiers nécessaires sont très différents.

Mais il existe une autre possibilité, parfois plus personnelle : donner une intention à chaque carnet plutôt qu’une technique.

Vous pouvez avoir par exemple :

  • un carnet du quotidien pour observer ce qui vous entoure ;
  • un carnet de personnages pour le portrait, l’illustration ou le manga ;
  • un carnet de couleurs pour tester des associations ;
  • un carnet d’idées où textes, images et collages peuvent se mélanger ;
  • un carnet consacré à un projet particulier.

Le carnet devient alors lié à une envie.

Vous savez pourquoi vous l’ouvrez, sans forcément savoir à l’avance ce que vous allez y produire.

Cette organisation peut aussi évoluer.

Un carnet commencé pour le manga peut accueillir un jour des études de mains ou de vêtements.

Un carnet de couleur peut devenir le point de départ d’un travail plus personnel.

Les catégories sont là pour vous aider, pas pour enfermer votre pratique.

Plusieurs carnets peuvent libérer… ou compliquer

Pour certaines personnes, séparer les supports apporte beaucoup de liberté.

Elles peuvent utiliser un papier différent selon leurs techniques et ne craignent pas d’abîmer un dessin au graphite en ajoutant de l’eau quelques pages plus loin.

D’autres préfèrent tout mélanger.

Les croquis, les notes, les couleurs et les expériences se retrouvent dans un même carnet qui devient presque le journal de leur pratique.

Aucune de ces organisations n’est meilleure que l’autre.

Et multiplier les carnets possède aussi un petit risque.

Celui de créer une nouvelle hésitation :

« Dans lequel dois-je dessiner aujourd’hui ? »

Si le choix du support devient une raison de ne pas commencer, mieux vaut revenir à quelque chose de très simple.

Ouvrez celui qui est devant vous.

Dessinez.

Vous pourrez toujours organiser davantage votre matériel ensuite.

Trois carnets ne sont pas trois obligations

Dans cet article, nous parlons donc de trois grandes fonctions :

le carnet du quotidien, le carnet d’entraînement et le carnet d’expérimentation.

Mais il ne s’agit surtout pas d’une liste de fournitures à acheter.

Ces trois fonctions peuvent parfaitement cohabiter dans un seul carnet, particulièrement lorsque l’on débute.

Vous pouvez simplement y consacrer :

  • quelques pages aux croquis ;
  • quelques pages aux exercices ;
  • d’autres aux couleurs ;
  • quelques espaces aux notes ou aux idées.

Puis observer ce qui se passe.

Peut-être découvrirez-vous que votre carnet vous convient parfaitement.

Ou peut-être rencontrerez-vous une limite très concrète :

le papier supporte mal l’eau, le format vous semble trop petit, les feutres traversent les pages ou vous aimeriez conserver certaines recherches séparément.

Ce sera alors le bon moment pour choisir un autre support.

Votre prochain carnet devrait répondre à une envie que vous avez déjà rencontrée, et non à la peur de ne pas posséder assez de matériel.

Avant d’acheter, demandez-vous donc simplement :

Où vais-je dessiner ?
Avec quels outils ?
Et qu’ai-je réellement envie d’essayer maintenant ?

Ces réponses seront beaucoup plus utiles que la recherche du carnet présenté comme « le meilleur ».

Car le bon support n’est pas forcément celui qui possède le papier le plus prestigieux.

C’est celui qui correspond suffisamment bien à votre pratique pour que vous ayez envie d’y revenir.

Dans la partie suivante, nous allons justement regarder ce qui différencie concrètement les carnets : A5, A4 ou A3, spirales ou reliure, papier lisse ou à grain, grammage léger ou plus épais…

Autant de petites caractéristiques qui peuvent réellement changer votre manière de dessiner.

Plusieurs carnets de dessin de formats différents montrant des exercices au crayon et le croquis d’un chalet à l’encre.

3. Comment choisir le carnet que vous aurez réellement envie d’utiliser ?

Dans un rayon de matériel artistique, les carnets peuvent sembler presque identiques.

Pourtant, leur format, leur reliure, leur papier et leur grammage changent réellement la manière de dessiner.

  • Un petit carnet encourage les croquis rapides.
  • Un grand format donne davantage d’espace au geste.
  • Un papier lisse favorise les lignes précises.
  • Un papier à grain fait davantage apparaître la matière du crayon.

Il ne s’agit donc pas seulement de choisir un bel objet.

Le carnet doit correspondre à votre manière de dessiner, mais aussi aux expériences que vous avez envie de tenter.

A5, A4 ou A3 : quelle taille choisir ?

La taille du carnet ne change pas seulement la quantité de place disponible.

Elle influence aussi la manière dont votre main et votre corps participent au dessin.

Le format A5 : facile à garder près de soi

Le format A5 correspond à la moitié d’une feuille A4.

Il est suffisamment petit pour être glissé dans un sac, posé près d’un fauteuil ou emporté pendant une promenade.

Il convient particulièrement bien pour :

  • les croquis rapides ;
  • les recherches de personnages ;
  • les petites observations ;
  • les notes accompagnées de dessins ;
  • les idées prises sur le vif ;
  • quelques essais de couleurs.

Sa petite taille peut également rassurer.

La page paraît moins impressionnante et se remplit plus rapidement. Il devient plus facile de dessiner quelques minutes sans avoir le sentiment de devoir réaliser une grande composition.

Mais ce format possède aussi une limite.

Lorsque l’on travaille toujours très petit, le geste peut rester contenu. On dessine beaucoup avec les doigts et le poignet, et moins avec l’ensemble du bras.

Le A5 est donc un excellent compagnon du quotidien, mais il n’a pas besoin de devenir votre seul espace de dessin.

Le format A4 : un équilibre très confortable

Le format A4 offre davantage de place tout en restant facile à ranger et relativement simple à transporter.

Il permet de travailler confortablement :

  • un dessin d’observation ;
  • plusieurs recherches sur une même page ;
  • des études d’ombre et de lumière ;
  • des portraits ;
  • des exercices de construction ;
  • des compositions simples ;
  • des essais de matières.

C’est souvent un format très équilibré pour débuter ou reprendre le dessin.

La page est suffisamment grande pour permettre des gestes plus libres, sans être aussi impressionnante qu’une grande feuille.

Pour une pratique régulière du dessin, le A4 constitue souvent un très bon format principal.

Il peut d’ailleurs parfaitement cohabiter avec un petit A5 réservé aux croquis nomades.

Le format A3 : lorsque le geste a besoin d’espace

Le format A3 correspond à deux feuilles A4 placées côte à côte.

Il est évidemment moins pratique à emporter, mais il permet une expérience très différente.

Sur une grande feuille, vous pouvez :

  • dessiner davantage avec l’ensemble du bras ;
  • agrandir vos formes ;
  • observer autrement les proportions ;
  • réaliser des dégradés plus amples ;
  • construire une composition ;
  • travailler plusieurs éléments ensemble ;
  • donner une autre énergie à votre trait.

Lorsque l’on dessine principalement dans de petits carnets, le passage au grand format peut être déstabilisant.

Les distances changent.

Le geste doit s’adapter.

On ne contrôle plus tout uniquement du bout des doigts.

Mais c’est justement ce qui rend l’expérience intéressante.

Changer de format ne consiste pas seulement à faire le même dessin en plus grand. Cela change aussi la manière dont votre corps dessine.

Il n’est donc pas nécessaire de posséder un carnet A3 pour chaque jour.

Quelques feuilles ou un bloc peuvent suffire lorsque vous souhaitez ponctuellement travailler plus grand.

📌 Petit repère

Si vous hésitez entre les trois formats :

A5 → pour emporter et dessiner souvent.
A4 → pour apprendre, observer et travailler confortablement.
A3 → pour agrandir le geste et sortir de ses habitudes.

Il ne s’agit évidemment pas d’une règle.

C’est simplement un point de départ.

Spirales ou carnet relié : qu’est-ce qui change vraiment ?

Le type de reliure semble parfois secondaire.

Pourtant, il peut avoir une influence très concrète sur le confort de dessin.

La spirale : pratique et facile à ouvrir

Les carnets et blocs à spirales sont particulièrement pratiques pour les exercices.

Ils permettent généralement :

  • d’ouvrir complètement le carnet ;
  • de replier les pages derrière ;
  • de travailler sur une surface presque plane ;
  • parfois de détacher facilement une feuille ;
  • de poser le carnet sur un espace réduit.

Ils sont très pratiques pour les cours, les exercices et une utilisation quotidienne.

La spirale peut toutefois gêner lorsque l’on souhaite dessiner très près du bord intérieur, notamment selon la main avec laquelle on dessine.

Dans ce cas, il suffit parfois de retourner le carnet ou de commencer depuis l’autre extrémité.

Le carnet relié : conserver un ensemble

Le carnet relié donne une sensation différente.

Les pages restent ensemble et forment peu à peu une sorte de livre en construction.

Il est particulièrement agréable pour :

  • un carnet de voyage ;
  • un journal dessiné ;
  • une série de recherches ;
  • un projet suivi ;
  • un carnet mêlant textes, images et collages.

Si vous en choisissez un, vérifiez si possible qu’il s’ouvre suffisamment à plat.

Un carnet qui cherche constamment à se refermer peut rapidement devenir agaçant lorsque l’on dessine.

Et les pages détachables ?

Certains blocs possèdent des feuilles microperforées que l’on peut retirer proprement.

Cela peut être utile pour :

  • présenter un exercice ;
  • scanner facilement un dessin ;
  • travailler sur une feuille séparée ;
  • encadrer une réalisation ;
  • offrir ou conserver certaines pages autrement.

Mais il n’est pas nécessaire de détacher tout ce qui ne vous plaît pas.

Les essais imparfaits ont eux aussi une valeur.

Conserver certaines pages que l’on aurait autrefois jetées permet de voir le chemin parcouru.

Si l’on ne garde que les dessins que l’on estime réussis, on finit parfois par oublier tout ce qu’il a fallu essayer pour y parvenir.

Papier lisse ou papier à grain ?

Passez la main sur deux papiers de dessin différents.

L’un semblera presque uniforme.

Sur l’autre, vous sentirez de petites aspérités.

Cette différence de surface s’appelle généralement le grain.

Et elle modifie réellement le résultat obtenu.

Le papier lisse

Sur un papier lisse, le crayon rencontre peu d’irrégularités.

Il est particulièrement agréable lorsque l’on recherche :

  • des lignes précises ;
  • de petits détails ;
  • des hachures régulières ;
  • des contours fins ;
  • une surface assez nette.

Le geste glisse plus facilement et les traits restent précis.

En revanche, un papier très lisse offre parfois moins d’accroche lorsque l’on veut multiplier les couches ou obtenir beaucoup de matière.

Le papier à grain

Le papier à grain possède une texture plus visible.

Le graphite ou la couleur se déposent dans les petites irrégularités de la surface, ce qui peut donner davantage de présence aux ombres et aux matières.

Il est agréable pour travailler :

  • les valeurs ;
  • les ombres ;
  • les dégradés ;
  • les crayons plus tendres ;
  • les textures ;
  • certains crayons de couleur.

En revanche, un grain très marqué rend parfois les détails minuscules moins nets.

On pourrait résumer ainsi :

le papier lisse favorise volontiers la précision ;
le papier à grain fait davantage sentir la matière.

Mais vous n’avez pas à choisir définitivement un camp.

Avec le temps, vous découvrirez simplement que certains papiers vous plaisent davantage pour certains dessins.

Le grammage : que signifie le chiffre inscrit sur le bloc ?

Sur presque tous les carnets et blocs de dessin apparaît un nombre :

90 g/m², 120 g/m², 160 g/m², 250 g/m², 300 g/m²…

Il s’agit du grammage du papier, c’est-à-dire du poids d’un mètre carré de ce papier.

Pour le lecteur qui débute, on peut retenir une idée simple :

plus le grammage augmente, plus le papier est généralement épais et capable de supporter des sollicitations importantes.

Mais attention : le grammage ne dit pas tout.

Deux papiers de même poids peuvent réagir différemment selon leur composition, leur fabrication ou leur capacité d’absorption.

Le chiffre est donc un repère, pas une garantie absolue.

Pour vous orienter simplement :

  • un papier léger convient bien aux croquis et aux techniques sèches ;
  • un papier intermédiaire offre davantage de polyvalence ;
  • un papier épais devient intéressant lorsque l’on introduit de l’eau ou davantage de matière.

Nous verrons précisément dans la partie suivante quel grammage et quel type de papier choisir selon les outils que vous utilisez.

Le blanc du papier peut lui aussi changer votre dessin

Le papier n’est pas toujours parfaitement blanc.

Certains supports sont très lumineux.

D’autres tirent légèrement vers l’ivoire ou le crème.

Cette nuance influence discrètement le résultat.

Un papier très blanc accentue généralement les contrastes.

Un papier légèrement chaud peut apporter une sensation plus douce.

Il existe aussi des papiers :

  • gris ;
  • beiges ;
  • bruns ;
  • noirs ;
  • ou colorés.

Sur un papier teinté, le fond joue déjà le rôle d’une valeur intermédiaire.

On peut alors ajouter les ombres, mais aussi faire apparaître directement la lumière avec un crayon blanc ou un pastel clair.

C’est une expérience très intéressante pour comprendre autrement les volumes.

Mais ces papiers ne sont pas indispensables pour commencer.

Ils pourront rejoindre votre matériel plus tard, lorsque vous aurez envie d’explorer une nouvelle manière de dessiner.

Avant d’acheter, posez-vous quatre questions

Face à plusieurs carnets, les indications techniques peuvent devenir nombreuses.

Pour simplifier votre choix, demandez-vous seulement :

  1. Où vais-je l’utiliser ?
    À la maison, en cours, dehors, dans les transports ?
  2. Quelle taille me donne envie de dessiner ?
    Petit format rassurant ou espace plus grand pour libérer le geste ?
  3. Quel type de surface est-ce que j’apprécie ?
    Lisse et précise ou légèrement grainée ?
  4. Qu’est-ce que je veux mettre sur ce papier ?
    Principalement du crayon ? De la couleur ? Des feutres ? De l’eau ?

Cette dernière question est essentielle.

Car un carnet peut être très agréable pour une technique et beaucoup moins adapté à une autre.

Le bon papier n’est pas le plus épais, le plus cher ou le plus prestigieux. C’est celui qui répond à ce que vous voulez réellement faire dessus.

Et c’est justement ce que nous allons regarder maintenant.

Graphite, crayons de couleur, feutres, manga, encre, gouache ou aquarelle : quel papier choisir pour éviter les mauvaises surprises ?

Main tournant la page d’un carnet de dessin ouvert dont la reliure et la texture du papier sont visibles.

4. 🗒️ Quel papier choisir selon ce que vous voulez dessiner ?

Après avoir parlé de format, de grain et de grammage, une question reste essentielle :

quel papier choisir pour la technique que vous avez réellement envie d’utiliser ?

Car un papier peut être excellent pour le graphite et beaucoup moins agréable avec de l’eau.

Un autre accueillera parfaitement l’aquarelle mais donnera une sensation trop rugueuse pour un dessin très précis.

Et certains feutres demandent même un support particulier.

Avant d’acheter un carnet ou un bloc, il est donc utile de partir non pas du produit, mais de cette question toute simple :

Qu’est-ce que j’ai envie de mettre sur cette page ?

✏️ Je veux surtout dessiner au graphite ou au crayon de couleur

Pour le crayon à papier, les mines graphite et les crayons de couleur classiques, il n’est généralement pas nécessaire de choisir un papier très épais.

Un papier de dessin ou de croquis autour de 90 à 120 g/m² permet déjà de réaliser de nombreux exercices :

  • constructions légères ;
  • croquis ;
  • hachures ;
  • dégradés ;
  • ombres et lumières ;
  • recherches de textures ;
  • crayons de couleur.

Le grain du papier aura souvent plus d’influence sur votre dessin que quelques grammes supplémentaires.

Un papier assez lisse conviendra bien aux traits précis.

Un papier légèrement grainé permettra davantage de matière et accrochera particulièrement bien les crayons tendres ou les couches successives de couleur.

Pour commencer, inutile donc de chercher un papier très sophistiqué.

Un bon bloc de dessin classique suffit déjà pour apprendre énormément.

Et surtout, il permet d’utiliser des outils que beaucoup de personnes possèdent déjà dans une trousse.

🎨 Je veux mélanger dessin et couleur

Si vous souhaitez utiliser principalement des techniques sèches mais ajouter parfois :

  • plusieurs couches de crayons de couleur ;
  • du pastel ;
  • quelques touches de feutre ;
  • un peu d’encre ;
  • du collage ;
  • ou de petites interventions humides,

un papier légèrement plus épais devient intéressant.

Autour de 150 à 200 g/m², de nombreux papiers destinés aux techniques mixtes offrent davantage de résistance.

Ils permettent d’explorer sans changer de support à chaque nouvelle idée.

Ce type de papier peut être particulièrement agréable dans un carnet d’expérimentation.

Il ne remplacera pas forcément un véritable papier aquarelle lorsque vous utiliserez beaucoup d’eau, mais il offre déjà une belle liberté.

💧 Je veux ajouter de l’eau, de l’encre ou de la gouache

Dès que l’on introduit de l’eau, la question du papier devient plus importante.

Un papier trop fin peut :

  • gondoler fortement ;
  • ramollir ;
  • se déchirer lorsque l’on repasse plusieurs fois au même endroit ;
  • laisser traverser certaines encres ;
  • rendre le travail moins agréable.

Pour l’aquarelle, la gouache ou les techniques utilisant réellement de l’eau, un papier autour de 300 g/m² offre généralement beaucoup plus de confort.

Son épaisseur lui permet de mieux résister à l’humidité.

Il n’est évidemment pas nécessaire d’acheter immédiatement un grand assortiment de papiers spécialisés.

Mais si vous découvrez que vous aimez travailler avec l’eau, investir d’abord dans un support adapté peut changer beaucoup plus de choses que d’acheter davantage de couleurs.

Un mauvais papier peut rendre une technique difficile simplement parce qu’il ne lui permet pas de s’exprimer correctement.

🖊️ Je veux utiliser des feutres

Avec les feutres, le grammage ne suffit pas toujours pour prévoir le comportement du papier.

Une feuille peut sembler relativement épaisse et pourtant laisser apparaître l’encre au verso.

Avant de remplir une page entière, prenez donc l’habitude de réaliser un petit test :

  • dans un coin discret ;
  • sur la dernière page du carnet ;
  • ou sur une feuille du même papier.

Regardez ensuite ce qui se passe au verso.

L’encre :

  • traverse-t-elle complètement ?
  • reste-t-elle visible par transparence ?
  • s’étale-t-elle autour du trait ?
  • sèche-t-elle rapidement ?
  • modifie-t-elle la surface du papier ?

Ces quelques secondes peuvent éviter de mauvaises surprises.

Et elles rappellent une chose importante :

deux feutres différents peuvent se comporter très différemment sur le même papier.

🖤 Je veux dessiner du manga avec des feutres à alcool

Les feutres à alcool constituent un cas particulier.

Leur encre traverse facilement de nombreux papiers classiques.

Elle peut également être absorbée très rapidement par un support inadapté.

Pour cette technique, il existe un papier spécifique, souvent appelé papier Layout ou papier pour marqueurs.

Il est beaucoup plus fin qu’un papier aquarelle, ce qui peut sembler surprenant au premier abord.

Mais sa surface est conçue pour recevoir ce type d’encre.

Elle permet notamment :

  • de mieux contrôler les aplats ;
  • de réaliser plus facilement certaines superpositions ;
  • de limiter une absorption inutile de l’encre ;
  • d’obtenir un rendu plus propre.

Si vous aimez dessiner des personnages de manga puis les mettre en couleur aux marqueurs à alcool, le papier constitue donc l’un des premiers investissements réellement utiles.

Utiliser ces feutres sur du papier machine ou un papier de dessin choisi au hasard risque au contraire de donner des résultats décevants et de consommer davantage d’encre.

Nous reviendrons plus précisément sur ce matériel dans l’article consacré au manga.

⚠️ Un papier épais n’est pas automatiquement adapté à tous les outils

Une confusion fréquente consiste à penser :

« Plus le papier est épais, mieux ce sera. »

Ce n’est pas toujours vrai.

Prenons un papier aquarelle.

Il est épais et résiste très bien à l’eau.

Mais sa surface souvent absorbante et grainée n’est pas forcément agréable avec tous les feutres.

L’encre peut pénétrer rapidement dans le papier, ce qui augmente sa consommation et rend certains traits moins réguliers.

À l’inverse, le papier Layout utilisé avec les marqueurs à alcool est très fin, mais sa conception le rend particulièrement adapté à cette technique.

C’est pourquoi il vaut mieux retenir cette idée :

Le grammage indique une caractéristique du papier. Il ne dit pas, à lui seul, à quelle technique celui-ci convient.

Regardez toujours aussi l’usage indiqué par le fabricant :

dessin, croquis, techniques mixtes, aquarelle, marqueurs, pastel…

Ces informations sont souvent plus utiles qu’un seul chiffre.

📝 Une page-test peut vous apprendre beaucoup

Lorsque vous ouvrez un nouveau carnet, je vous conseille de réserver une page — éventuellement la dernière — aux essais de matériel.

Vous pouvez y noter le nom de vos outils et tester :

  • différents crayons ;
  • plusieurs pressions ;
  • vos crayons de couleur ;
  • vos feutres ;
  • un peu d’eau si le papier le permet ;
  • quelques superpositions.

Au fil du temps, cette page devient une sorte de carte d’identité de votre carnet.

Vous savez immédiatement :

  • ce que son papier accepte bien ;
  • ce qui traverse ;
  • ce qui accroche ;
  • ce qui glisse ;
  • les outils avec lesquels vous aimez travailler.

C’est un petit réflexe très simple, mais particulièrement utile lorsque l’on commence à découvrir plusieurs techniques.

🌱 Le bon support facilite l’apprentissage

Choisir un papier adapté ne fera évidemment pas le dessin à votre place.

Mais il peut éviter de confondre une difficulté liée au matériel avec une difficulté liée à votre niveau.

Une aquarelle qui gondole énormément n’est pas forcément le signe que vous utilisez mal l’eau.

Un feutre qui s’étale n’est pas nécessairement mal maîtrisé.

Un crayon qui semble peu accrocher peut simplement rencontrer une surface qui lui convient moins bien.

Avant de conclure :

« Je n’y arrive pas »,

il peut donc être utile de se demander :

« Est-ce que mon support convient réellement à ce que j’essaie de faire ? »

Cette question évite parfois beaucoup de découragement.

Et elle nous conduit naturellement vers quelque chose de beaucoup plus concret.

Lorsque le doute ne vient pas seulement du matériel, l’article 👉 Tu penses ne pas savoir dessiner ? vous propose une première méthode très simple pour retrouver des repères.

Maintenant que nous savons pourquoi choisir un carnet, combien en avoir et comment reconnaître le papier adapté, je vais pouvoir vous présenter quelques supports que je conseille régulièrement.

Non pas parce qu’il faudrait tous les acheter.

Mais parce qu’ils répondent chacun à un besoin précis.

Même motif végétal réalisé sur différents papiers au graphite, au crayon de couleur, à l’encre et à l’aquarelle.

5. 🧑‍🎨 Mes conseils de matériel pour commencer sans trop acheter

Après toutes ces explications, vous aimeriez peut-être simplement savoir :

« Très bien… mais concrètement, qu’est-ce que je peux acheter ? »

Au fil des années d’enseignement, certains supports sont devenus pour moi des valeurs sûres.

Non pas parce qu’ils seraient les seuls bons papiers du marché, ni parce qu’il faudrait tous les posséder.

Je les conseille parce qu’ils répondent chacun à une utilisation précise, avec un rapport assez simple entre le besoin, le support et ce que l’on peut réellement en faire.

Vous pouvez donc considérer cette sélection comme un point de départ.

Choisissez ce qui correspond à votre pratique actuelle. Le reste pourra attendre.

✏️ Pour commencer simplement : Canson XL Croquis ou XL Croquis Extra-Blanc

Si vous débutez, reprenez le dessin ou souhaitez simplement disposer d’un bon support pour travailler régulièrement, ce sont probablement les blocs vers lesquels je vous orienterais en premier.

👉 Le Canson XL Croquis et le Canson XL Croquis Extra-Blanc possèdent tous les deux un papier de 90 g/m² destiné notamment au crayon, au pastel et au fusain.

La principale différence immédiatement visible se trouve dans la teinte du papier :

  • le XL Croquis est légèrement ivoire ;
  • le XL Croquis Extra-Blanc offre, comme son nom l’indique, un fond beaucoup plus blanc.

Pour qui ?

Je les conseille particulièrement :

  • aux débutants ;
  • aux adolescents ;
  • aux personnes qui reprennent le dessin ;
  • pour les exercices ;
  • pour apprendre les valeurs, les ombres et la lumière ;
  • pour travailler au graphite ou aux crayons de couleur.

Pourquoi je les conseille ?

Parce qu’ils permettent de commencer avec les outils les plus simples.

Un crayon à papier se trouve déjà dans presque toutes les trousses.

Quelques crayons de couleur aussi.

Avec cela, vous pouvez déjà apprendre énormément :

observer une forme, construire légèrement, rechercher une proportion, créer un dégradé, comprendre une ombre ou tester une association de couleurs.

Il n’est donc pas nécessaire d’attendre de posséder une grande boîte de matériel artistique pour commencer.

A5 ou A4 ?

Le A5 est agréable si vous souhaitez transporter votre carnet facilement et dessiner un peu partout.

Mais pour travailler régulièrement, j’ai une préférence pour le A4.

Il offre suffisamment d’espace pour construire un dessin, travailler les proportions et laisser progressivement le geste prendre davantage de place.

Si le A4 ne vous impressionne pas trop, c’est donc souvent celui que je conseillerais comme premier véritable format de travail.

Sa limite

Ce papier reste relativement léger.

Il est très agréable avec les techniques sèches, mais il n’est pas destiné à recevoir beaucoup d’eau.

Si vous commencez à avoir envie d’aquarelle, de gouache ou de techniques plus humides, mieux vaut changer de support plutôt que demander à ce papier de faire ce pour quoi il n’a pas été conçu.

🎒 Pour dessiner beaucoup sans craindre les pages : le ZAP Book A5

Celui-ci occupe une place un peu particulière dans ma sélection.

👉 Le ZAP Book A5 de Clairefontaine existe avec un papier recyclé de 80 g/m² et jusqu’à 320 pages. Il est destiné notamment aux croquis rapides et à la prise de notes.

Et ce grand nombre de pages produit, à mon sens, un effet très intéressant.

Pour qui ?

Je le trouve particulièrement adapté :

  • aux personnes qui ont peur de rater ;
  • aux adolescents qui ont besoin de beaucoup essayer ;
  • au dessin quotidien ;
  • aux petits croquis ;
  • aux recherches rapides ;
  • au carnet que l’on transporte avec soi.

Pourquoi je le conseille ?

Parce que 320 pages changent parfois notre rapport à l’erreur.

Lorsque l’on possède un beau carnet contenant peu de pages, on peut avoir tendance à vouloir économiser chacune d’elles.

Avec un ZAP Book, tourner une page devient beaucoup moins dramatique.

  • Un dessin ne fonctionne pas ?
  • On recommence.
  • Une idée ne mène nulle part ?
  • On tourne.
  • Une page est remplie d’essais ?

Très bien : il en reste énormément d’autres.

Cette abondance peut aider à retrouver quelque chose de fondamental dans l’apprentissage :

le droit d’essayer sans devoir réussir à chaque fois.

Son volume lui donne également un appui que je trouve pratique lorsqu’on dessine ailleurs que sur une véritable table.

Sa limite

Son papier de 80 g/m² est avant tout un papier de croquis.

Je ne le choisirais donc pas comme carnet destiné à l’eau ou aux techniques qui sollicitent fortement le support.

Son intérêt est ailleurs :

dessiner beaucoup, souvent et sans rendre chaque page précieuse.

📐 Pour travailler le dessin avec davantage d’espace : le Canson XL Croquis A4

Vous allez peut-être vous demander pourquoi je le cite à nouveau.

Parce que son usage n’est pas tout à fait le même selon le format.

Le A5 accompagne facilement le quotidien.

Le A4, lui, devient davantage un véritable espace de travail.

Pour qui ?

Je le conseille pour :

  • apprendre les bases du dessin ;
  • travailler les proportions ;
  • construire un objet ou un visage ;
  • pratiquer le dessin d’observation ;
  • étudier les ombres et la lumière ;
  • réaliser des exercices plus développés.

Canson présente d’ailleurs cette gamme comme destinée aux étudiants en beaux-arts réalisant beaucoup d’esquisses.

Mais il n’est évidemment pas nécessaire d’être étudiant en école d’art pour l’utiliser.

Pourquoi je l’aime pour apprendre ?

Parce que le format A4 offre un compromis très intéressant.

  • Il n’est pas gigantesque.
  • Mais il oblige déjà à quitter un peu le minuscule dessin réalisé uniquement du bout des doigts.
  • On peut construire davantage.
  • Comparer les proportions.
  • Prendre du recul.

Et commencer progressivement à utiliser plus librement le poignet et le bras.

Pour apprendre le dessin proprement dit, c’est probablement le format que je choisirais en priorité.

💧 Pour découvrir l’eau, la gouache et les techniques humides : Canson XL Aquarelle 300 g/m²

Lorsque l’envie d’ajouter de l’eau apparaît, je préfère changer franchement de papier.

👉 Le Canson XL Aquarelle possède un papier à grain fin de 300 g/m², spécifiquement conçu pour les techniques humides. Canson le propose notamment pour l’aquarelle, et la gamme en carnet convient également à la gouache.

Pour qui ?

Je le conseille lorsqu’on commence à vouloir expérimenter :

  • l’aquarelle ;
  • la gouache ;
  • certains lavis ;
  • les encres utilisées avec de l’eau ;
  • les mélanges entre dessin et techniques humides.

Pourquoi je le conseille ?

Parce que passer à un papier réellement adapté à l’eau permet souvent de comprendre que certaines difficultés ne venaient pas de la personne… mais simplement du support.

  • Le papier résiste mieux.
  • On peut observer les pigments.
  • Faire des essais.
  • Revenir avec un pinceau.
  • Tester différents degrés d’humidité.

Et surtout découvrir une technique dans de meilleures conditions.

Le format A4 reste, là encore, celui que je trouve le plus polyvalent pour apprendre et expérimenter.

Sa limite

Un papier aquarelle ne devient pas pour autant le meilleur support pour tout.

Son épaisseur et son grain sont précieux avec l’eau, mais inutiles pour beaucoup de simples croquis.

Acheter ce bloc n’a donc de sens que lorsque l’envie d’introduire de l’eau est réellement apparue.

🖊️ Pour le manga et les marqueurs à alcool : Canson XL Marqueur Layout

Voici un très bon exemple de matériel que je ne conseillerais pas à tout le monde…

mais que je conseillerais très rapidement à quelqu’un qui souhaite travailler avec des marqueurs à alcool.

👉 Le Canson XL Marqueur Layout est un papier très lisse de 70 g/m². Malgré son faible grammage, il possède une barrière conçue pour empêcher la pénétration des encres et convient notamment aux marqueurs à alcool ou à solvant.

C’est un excellent rappel de ce que nous avons vu précédemment :

un papier plus épais n’est pas forcément un papier plus adapté.

Pour qui ?

Je le conseille notamment :

  • aux personnes qui dessinent du manga ;
  • à l’illustration aux marqueurs ;
  • aux étudiants qui commencent à utiliser des feutres à alcool ;
  • à ceux qui souhaitent travailler des aplats et superposer leurs couleurs.

Pourquoi je le conseille ?

Parce qu’utiliser de bons marqueurs sur un papier inadapté peut être extrêmement frustrant.

  • Le papier absorbe rapidement l’encre.
  • Les couleurs deviennent difficiles à travailler.
  • Les feutres se vident inutilement plus vite.
  • Et l’on peut finir par penser que l’on maîtrise mal la technique.

Sur un papier Layout adapté, l’encre reste davantage en surface, ce qui facilite les aplats et limite sa consommation. Canson recommande d’ailleurs ce type de papier pour les marqueurs et cite également son utilisation en illustration et en manga.

Si vous investissez dans des marqueurs à alcool, investir également dans le bon papier est donc loin d’être un détail.

À mon sens, c’est même l’une des priorités.

Sa limite

Le Layout est un papier spécialisé.

Je ne l’achèterais pas pour dessiner simplement au graphite, ni pour remplacer un carnet de dessin classique.

Il prend tout son sens parce qu’il répond à une technique précise.

🌿 Alors, faut-il acheter ces cinq supports ?

Non.

Et c’est probablement le conseil le plus important de cette partie.

Si vous débutez simplement au crayon :

📌 un bloc de croquis peut suffire.

Si vous aimez dessiner partout :

📌 ajoutez éventuellement un petit carnet nomade.

Si vous commencez l’aquarelle ou les encres :

📌 choisissez alors un papier adapté à l’eau.

Et si vous vous passionnez pour le manga aux marqueurs :

📌 le Layout deviendra beaucoup plus pertinent qu’un nouveau coffret de crayons que vous n’utiliserez peut-être jamais.

Le meilleur matériel n’est pas celui que l’on possède “au cas où”.

C’est celui qui arrive au moment où la pratique en a besoin.

Cette manière d’acheter présente d’ailleurs un autre avantage :

vous apprenez progressivement à connaître vos outils.

  • Pourquoi ce papier vous plaît.
  • Pourquoi tel grain vous gêne.
  • Pourquoi vous préférez un A4 à un A5.
  • Pourquoi vous revenez toujours vers certains supports alors que d’autres restent dans un tiroir.

Et peu à peu, vous ne cherchez plus simplement à savoir :

« Quel est le meilleur matériel de dessin ? »

Vous commencez à pouvoir répondre à une question beaucoup plus intéressante :

« Quel matériel convient à ma manière de dessiner ? »

Quelques crayons graphite, des gommes, une estompe et un taille-crayon disposés près d’un carnet de dessin.

6. 📔 Un bon carnet n’est pas forcément un carnet cher

Après avoir comparé les formats, les papiers et quelques supports que je conseille, une dernière idée mérite d’être gardée en tête :

le prix d’un carnet ne dit pas s’il sera le bon carnet pour vous.

Bien sûr, un prix plus élevé peut parfois s’expliquer par :

  • la qualité ou la fabrication du papier ;
  • la solidité de la reliure ;
  • le nombre de pages ;
  • une conception particulière ;
  • ou simplement une marque reconnue.

Ces éléments peuvent avoir leur importance.

Mais un carnet coûteux peut aussi être trop petit, trop lisse, trop précieux ou tout simplement inadapté à la technique que vous souhaitez utiliser.

À l’inverse, un carnet très simple peut devenir celui auquel vous tenez le plus parce qu’il vous a accompagné partout.

  • Il contient vos premiers essais.
  • Des pages réussies et d’autres beaucoup moins.
  • Des recherches.
  • Des erreurs.
  • Des idées rapidement notées.
  • Des dessins commencés puis oubliés.

Et peut-être quelques pages que vous n’auriez jamais imaginé être capable de réaliser lorsque vous l’avez ouvert pour la première fois.

La valeur créative d’un carnet ne se mesure pas seulement à son prix, mais à ce que vous osez faire avec ses pages.

Le carnet trop précieux peut parfois empêcher de dessiner

Cela peut sembler paradoxal.

Un très beau carnet peut donner énormément envie de créer…

jusqu’au moment où il faut poser le premier trait.

Le papier semble trop beau.

La couverture trop parfaite.

Et une petite pensée apparaît :

« Je vais attendre d’avoir une bonne idée. »

Puis :

« Je commencerai lorsque je dessinerai mieux. »

Et le carnet reste fermé.

Si cette peur de commencer vous est familière, vous pouvez aussi découvrir 👉 Blocage créatif en dessin : 5 astuces simples.

Pour apprendre, un support légèrement moins intimidant peut parfois être beaucoup plus précieux.

Parce qu’on ose :

  • essayer ;
  • rater ;
  • recommencer ;
  • tourner la page ;
  • annoter ;
  • comparer ;
  • revenir sur un ancien dessin.

Un carnet utilisé sera toujours plus formateur qu’un carnet parfait resté vide.

Ne payez pas pour des possibilités que vous n’utiliserez pas

Lorsqu’un produit promet de convenir à de nombreuses techniques, il peut être tentant de penser :

« Au moins, je serai tranquille, je pourrai tout faire avec. »

Mais cette polyvalence n’est pas toujours nécessaire.

Si vous dessinez essentiellement au graphite et aux crayons de couleur, vous n’avez pas besoin de payer davantage pour un papier conçu pour recevoir beaucoup d’eau.

Si vous réalisez principalement de petits croquis lors de vos déplacements, un carnet lourd et épais risque même de rester à la maison.

Si vous commencez seulement le dessin, certaines qualités très spécifiques du papier ne vous apporteront peut-être encore rien.

Cela ne signifie pas qu’un matériel plus spécialisé est inutile.

Simplement qu’il devient intéressant au moment où votre pratique commence réellement à en avoir besoin.

Votre matériel peut évoluer avec vous

Le carnet qui vous convient aujourd’hui ne sera peut-être plus celui que vous choisirez dans un an.

Et c’est plutôt une bonne nouvelle.

Vous pourrez découvrir :

  • qu’un format plus grand libère votre geste ;
  • qu’un papier légèrement grainé donne davantage de caractère à vos ombres ;
  • que vous préférez finalement les pages très blanches ;
  • que l’eau prend de plus en plus de place dans vos recherches ;
  • que le manga vous donne envie d’explorer les marqueurs ;
  • ou qu’un petit carnet nomade devient indispensable pour noter vos idées.

Votre matériel évoluera parce que votre pratique évolue.

Vous n’avez donc pas besoin d’anticiper toutes vos futures envies lors de votre premier achat.

Choisissez ce qui correspond à ce que vous avez envie d’explorer maintenant.

Puis utilisez-le.

Observez ce qui vous plaît.

Repérez ce qui vous manque.

Votre prochain achat deviendra alors beaucoup plus facile à choisir.

Acheter moins peut aussi permettre de mieux connaître son matériel

Posséder beaucoup d’outils offre évidemment de nombreuses possibilités.

Mais lorsque l’on débute, une petite sélection peut avoir un avantage :

elle oblige à découvrir réellement ce que chaque outil sait faire.

Avec le même carnet et quelques crayons, vous apprenez progressivement :

  • jusqu’où le papier accepte les superpositions ;
  • comment il réagit lorsque vous appuyez davantage ;
  • quelles gommes fonctionnent bien dessus ;
  • quelles couleurs vous aimez associer ;
  • quels gestes vous sont naturels.

À force de changer sans cesse de matériel, il peut être plus difficile de savoir ce qui vient de l’outil et ce qui vient de votre manière de l’utiliser.

Il n’est donc pas nécessaire de posséder beaucoup pour commencer à développer une véritable expérience.

Le meilleur achat est parfois celui que l’on reporte

Avant d’ajouter un nouveau carnet à votre panier, une question peut suffire :

Qu’est-ce que celui que je possède déjà m’empêche réellement de faire ?

S’il ne vous empêche de rien…

vous n’avez peut-être pas encore besoin d’en acheter un autre.

Mais si vous pouvez répondre précisément :

« J’aimerais utiliser de l’eau et mon papier gondole. »

ou :

« Mes marqueurs traversent toutes les pages. »

ou encore :

« J’ai besoin d’un format plus grand pour travailler mes proportions. »

alors vous savez pourquoi vous cherchez un nouveau support.

Le besoin est devenu concret.

Et c’est sans doute la meilleure manière de choisir son matériel : non pas en accumulant des possibilités, mais en laissant la pratique faire apparaître progressivement celles dont on a réellement besoin.

Choisissez donc d’abord un carnet que vous aurez envie d’ouvrir.

Vous apprendrez, page après page, ce que son papier permet…

et un jour, peut-être, ce que votre prochain carnet devra vous offrir.

Carnet de dessin ouvert sur des croquis et des essais colorés, accompagné d’un crayon et d’une gomme.

🎁 Bonus : la fiche pour choisir son carnet sans se tromper

Devant un rayon de carnets, il est facile de se perdre entre les formats, les grammages, les grains et les mentions techniques.

Pour simplifier votre choix, vérifiez simplement six points.

📏 1. Le format

A5
Petit, léger et facile à transporter. Idéal pour les croquis du quotidien et le dessin nomade.

A4
Polyvalent et confortable. Un très bon format pour apprendre, observer et réaliser des exercices.

A3
Plus encombrant, mais intéressant pour libérer le geste et travailler plus grand.

📖 2. La reliure

Spirales
Pratiques pour les exercices et pour replier complètement les pages.

Carnet relié
Agréable pour conserver un ensemble, un projet ou un carnet de voyage.

Pages détachables
Utiles lorsque l’on souhaite sortir facilement un dessin du bloc.

✋ 3. Le grain du papier

Papier plutôt lisse
Pour les lignes précises, les détails et les hachures fines.

Papier légèrement grainé
Pour les ombres, les valeurs, les textures et les crayons plus tendres.

⚖️ 4. Le grammage

Comme premier repère :

90 à 120 g/m²
→ croquis, graphite, crayons de couleur et techniques sèches.

150 à 200 g/m² environ
→ davantage de polyvalence et certaines techniques mixtes.

300 g/m² environ
→ aquarelle, gouache et techniques utilisant davantage d’eau.

Mais souvenez-vous :

un grammage élevé ne signifie pas automatiquement qu’un papier conviendra mieux à toutes les techniques.

🎨 5. Ce que vous allez réellement mettre dessus

Avant d’acheter, demandez-vous :

Je veux surtout utiliser quoi ?

  • ✏️ graphite ou crayons de couleur ;
  • 🖊️ feutres ;
  • 🖤 marqueurs à alcool ;
  • 💧 aquarelle, encre ou gouache ;
  • ✂️ collage et techniques mixtes.

Puis regardez l’usage indiqué sur le bloc :

croquis, dessin, techniques mixtes, aquarelle, marqueurs…

Cette petite indication peut éviter beaucoup de mauvaises surprises.

💶 6. En ai-je réellement besoin maintenant ?

C’est peut-être la question la plus importante.

Avant d’ajouter un nouveau carnet à votre panier, demandez-vous :

Qu’est-ce que mon carnet actuel m’empêche réellement de faire ?

S’il ne vous empêche encore de rien, continuez à l’utiliser.

S’il gondole lorsque vous ajoutez de l’eau, si vos marqueurs traversent les pages ou si son format limite votre geste, alors votre besoin devient précis.

Et votre prochain achat aura beaucoup plus de chances d’être utile.

🌿 La règle Atelier Mucyol

Si vous ne devez retenir qu’une chose de cette fiche :

ne cherchez pas le carnet capable de tout faire.

Cherchez celui qui correspond à ce que vous avez envie d’explorer aujourd’hui et commencez…

Votre matériel pourra évoluer ensuite, page après page, avec votre pratique.

Aperçu de la fiche pratique Atelier Mucyol pour choisir un carnet de dessin selon son format, sa reliure, son papier, ses techniques et son budget.

❓ FAQ : carnet et matériel de dessin

Quel carnet de dessin choisir pour débuter ?

Pour commencer, un carnet ou un bloc de dessin simple suffit.

Un papier autour de 90 g/m² convient déjà très bien au graphite, aux crayons de couleur et aux premiers exercices.

Le format A4 est particulièrement polyvalent pour apprendre et travailler confortablement. Le A5 sera plus pratique si vous souhaitez emporter votre carnet partout.

L’essentiel n’est pas de choisir immédiatement le meilleur carnet possible, mais un support que vous aurez réellement envie d’utiliser.

Faut-il plusieurs carnets pour progresser en dessin ?

Non.

Un seul carnet peut parfaitement accueillir vos premiers croquis, exercices, recherches et essais de couleurs.

Plus tard, un deuxième support peut devenir utile si vous commencez à utiliser une technique nécessitant un papier différent, comme l’aquarelle ou les marqueurs à alcool.

Les carnets supplémentaires doivent répondre à un besoin, pas devenir une obligation.

Quel grammage choisir pour dessiner ?

Comme premier repère :

  • 90 à 120 g/m²pour le graphite, les crayons de couleur et les techniques sèches ;
  • 150 à 200 g/m² environ pour davantage de polyvalence et certaines techniques mixtes ;
  • 300 g/m² environpour l’aquarelle, la gouache et les techniques utilisant davantage d’eau.

Mais le grammage ne suffit pas à lui seul.

Le grain, la composition du papier et l’usage indiqué par le fabricant sont également importants.

A4 ou A5 pour apprendre le dessin ?

Les deux formats peuvent être intéressants, mais ils ne répondent pas exactement au même besoin.

Le A5 est facile à transporter et encourage les petits croquis réguliers.

Le A4 offre davantage d’espace pour construire un dessin, travailler les proportions, les valeurs et commencer à libérer le geste.

Pour une pratique principale d’apprentissage, je conseille généralement le A4, éventuellement complété plus tard par un petit carnet A5 nomade.

Quel papier utiliser avec des feutres ?

Cela dépend du type de feutres.

Avec des feutres classiques, réalisez toujours un petit test afin de vérifier si l’encre traverse ou s’étale sur le papier.

⚠️ Pour les marqueurs à alcool, un papier spécifique de type Layout est beaucoup plus adapté.

Son faible grammage peut surprendre, mais sa surface est justement conçue pour mieux contrôler l’encre et éviter qu’elle ne soit absorbée inutilement par le papier.

Quel carnet utiliser pour préparer une école d’art ?

Il n’existe pas de carnet obligatoire pour entrer en école d’art.

Un carnet peut cependant devenir un support très intéressant pour conserver :

  • des recherches ;
  • des croquis ;
  • des expérimentations ;
  • des essais de techniques ;
  • des observations ;
  • des idées ;
  • et l’évolution progressive d’un projet.

Ce qui devient intéressant n’est donc pas seulement la qualité des dessins, mais ce que les pages permettent de comprendre de votre curiosité et de votre cheminement.

Un carnet utilisé régulièrement peut ainsi devenir bien plus qu’un simple support de dessin :

il peut conserver les traces d’une démarche qui se construit.

🎓 Si vous commencez à réfléchir à votre dossier, vous pouvez poursuivre avec 👉 Comment préparer un portfolio artistique ? où je vous explique comment rassembler, sélectionner et organiser progressivement vos travaux.

 

🌿 Et maintenant, ouvrez une page

S’il ne fallait retenir qu’une idée de cet article, ce serait peut-être celle-ci :

vous n’avez pas besoin de prévoir tout votre futur matériel de dessin avant de commencer.

Choisissez un carnet adapté à ce que vous avez envie d’explorer aujourd’hui, utilisez-le, essayez, observez ce qui vous plaît… et laissez votre pratique vous montrer progressivement ce dont elle aura besoin ensuite.

Car avant le matériel, il y a toujours une première page.

Et maintenant que nous avons choisi celle qui accueillera nos recherches, nous pouvons enfin nous intéresser au premier outil qui y laissera une trace.

✏️ À suivre : Du trait à l’ombre : quels crayons choisir pour dessiner ?

✍️ Atelier Mucyol

Le Dessin commence par le regard… et peut changer votre vie.

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À bientôt,
Mucyol
🎨

Mucyol

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